Depuis le scrutin de fin novembre, le pays se retrouve avec deux présidents proclamés qui ont chacun formé leur gouvernement : Alassane Ouattara, désigné vainqueur par la commission électorale et reconnu par la communauté internationale, et le sortant Laurent Gbagbo, proclamé président par le Conseil constitutionnel. L'Union africaine avait envoyé à Abidjan les 5 et 6 décembre l'ancien président sud-africain Thabo Mbeki, mais sa médiation n'avait pas permis de lever le blocage politique.
Par ailleurs, le camp d'Alassane Ouattara se préparait à tenter de prendre dans la semaine plusieurs sites-clés, une épreuve de vérité après le bref face-à-face armé de lundi avec les forces de son rival Laurent Gbagbo. Alassane Ouattara veut se saisir de leviers actuellement aux mains du sortant Laurent Gbagbo. Le temps presse pour l'ex-opposant, retranché dans un grand hôtel d'Abidjan avec son propre gouvernement dirigé par Guillaume Soro, chef de l'ex-rébellion des Forces nouvelles (FN) qui tient le nord du pays depuis le putsch raté de 2002. M. Gbagbo, lui, siège au palais présidentiel, et son Premier ministre Aké N'Gbo travaille à la Primature.
Guillaume Soro a ainsi affirmé qu'avec ses ministres, il allait investir jeudi les locaux de la radiotélévision publique RTI - un atout majeur dans le jeu de Laurent Gbagbo - pour y installer un nouveau directeur général. Vendredi, il compte réintégrer les locaux qu'il occupait comme Premier ministre de M. Gbagbo de 2007 à 2010 et y réunir son cabinet.
Mais ces deux lieux stratégiques étant sous bonne garde des forces fidèles à son adversaire, le camp Ouattara semblait pris dans une alternative : soit faire un coup d'éclat sans parvenir à ses fins, soit prendre le risque d'une confrontation violente.
« Ça va se faire », a assuré hier à l'AFP, laconique, un proche de M. Soro.
Mais ce projet renforce la tension à Abidjan, déjà vive lundi durant le blocus de plusieurs heures de l'hôtel servant de QG à M. Ouattara.


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