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Liban - Crise

Le Hezbollah continue de souffler le chaud et le froid

Comme à l'accoutumée en de pareilles circonstances, et dans le but évident d'entretenir le flou sur ses véritables desseins, le Hezbollah s'emploie à souffler le chaud et le froid. Il est satisfait parce que le dossier des « faux témoins » figure en tête de l'ordre du jour du Conseil des ministres de mercredi. Il reconnaît aussi qu'un compromis est possible grâce aux efforts de médiation syro-saoudiens, mais il ne renonce pas pour autant à son ton lourd de reproches et de menaces.
Les veillées traditionnelles de l'Achoura sont pour les représentants du Hezbollah autant d'occasions pour réaffirmer leurs points de vue au sujet du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) et du dossier dit des « faux témoins ». Au cours du week-end, les allocutions prononcées pour la circonstance ont toutes porté sur ce double thème. Le ministre d'État pour le Développement administratif, Mohammad Fneich, a ainsi assuré que son parti participera au Conseil des ministres de mercredi si l'affaire des « faux témoins » figure en tête de l'ordre du jour. « Nous ne débattrons de rien avant que cette question ne soit tranchée. C'est notre droit. C'est ce que l'intérêt national requiert également », a-t-il dit dans le village de Chabiyé.
Selon lui, « ceux qui accusent l'opposition de blocage sont eux-mêmes responsables de l'absence de réunions du Conseil des ministres parce qu'ils refusent d'ouvrir ce dossier et parce qu'ils ont recours aux tergiversations ». « Lorsque l'opposition appelle à une entente avant la parution de l'acte d'accusation (dans l'affaire Hariri), c'est par souci de préserver l'intérêt et la stabilité du pays, de barrer la voie à toute forme de discorde, et pour s'assurer aussi que l'histoire ne se répétera pas et que des partenaires locaux ne soient pas impliqués dans un projet visant à porter un coup à la Résistance », dit-il.
Le député Mohammad Raad, chef du bloc parlementaire du Hezbollah, a pour sa part démenti avoir donné un ultimatum de trois ou quatre jours pour sortir de l'impasse, affirmant que ses propos ont été « mal repris » et précisant qu'il a « seulement voulu dire qu'il espérait que les efforts de médiation syro-saoudiens apparaîtront bientôt et qu'une décision sera prise sur cette base ».
Cependant, son collègue Ali Fayad, également membre du bloc parlementaire du Hezbollah, a tenu presque le même discours démenti par M. Raad. Il a estimé dans l'allocution qu'il a prononcée dans le village de Chakra que « l'attente touche à sa fin et que le passage vers une nouvelle étape est proche, après que le Hezbollah eut attendu longtemps et épuisé tous les moyens d'entente ». « Si certains continuent de considérer l'entente comme un slogan creux et poursuivent les atermoiements dans l'espoir que l'acte d'accusation sera rendu public avant qu'un compromis ne soit trouvé, à ce moment-là l'opposition n'aura d'autre choix que de faire face, seule, aux tentatives de semer la discorde. Nous sommes confiants en notre capacité à les faire avorter », a-t-il dit, faisant état d'un complot contre la stabilité du pays « par le biais de cette discorde ».

Raad : « Chacun devra assumer la responsabilité de ce qu'il aura fait »
M. Fayad a cependant souligné « le souci du Hezbollah de saisir l'opportunité de l'entente jusqu'à la dernière seconde ». Quant à M. Raad, il a accusé les États-Unis d'être à l'origine du TSL et de l'acte d'accusation, et de vouloir par leur biais « anéantir le Hezbollah ». Il a mis en garde les partisans du processus judiciaire international contre leur attachement à celui-ci. « Nous avons donné une chance à l'entente et nous attendons l'issue de la médiation syro-saoudienne, mais si l'acte d'accusation est publié sans compromis et sans entente préalables entre les Libanais, chacun devra assumer la responsabilité de ce qu'il aura fait », a déclaré M. Raad. « Nous assurons que le Liban d'avant la parution de l'acte d'accusation sera différent de celui d'après la publication de ce document. L'image du pays sera modifiée automatiquement si une entente interlibanaise n'est pas au préalable réalisée afin de tenir le Liban à l'abri des conséquences des activités du TSL », a-t-il averti, avant de s'arrêter sur les révélations de WikiLeaks et d'estimer que « les rapports dévoilés ne sont qu'une infime partie des données que nous possédons au sujet de ceux qui faisaient de la povocation contre la Résistance ».
Partant du principe que le TSL est l'œuvre des États-Unis, le numéro 2 du Hezbollah, cheikh Naïm Qassem, a accusé ces derniers de « connaître les assassins » de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri, et de « les cacher, après avoir comploté pour que ce crime soit commis afin d'en finir avec le Hezbollah ». Selon lui, la découverte de la vérité au sujet de l'attentat du 14 février « passe immanquablement par la découverte des faux témoins et de leurs commanditaires ». Cheikh Qassem a mis au défi « les partisans du TSL d'annoncer publiquement, au cas où des membres du Hezbollah seraient incriminés dans l'acte d'accusation et indépendamment des preuves fournies, qu'ils n'accepteraient pas celles-ci, quelles qu'elles soient ». « À ce moment-là seulement, ils nous retrouveraient à mi-chemin. Mais ils ne prendront pas cette initiative parce que certains parmi eux s'attendent à ce que le TSL porte un coup au Hezbollah. (...) Nous sommes pour le dialogue, mais nous ne permettrons pas qu'on se moque de nous », a-t-il dit.
Le député Hassan Fadlallah a, à son tour, insisté sur la possibilité de solution, situant le dossier dit des « faux témoins » dans le cadre d'une « nouvelle guerre psychologique et médiatique menée contre la Résistance ». Mais son collègue Nawwaf Moussaoui a adopté une attitude beaucoup moins souple, accusant le 14 Mars de ne pas vouloir d'entente « puisqu'il rejette tous les efforts et les démarches du Hezbollah visant à empêcher l'agression lancée contre lui par le TSL ». « Ce rejet, a-t-il dit à Cana, fait assumer à cette partie la responsabilité de l'aggravation de la crise. Le Hezbollah n'assumera pas la moindre responsabilité par rapport aux conséquences de la confrontation à venir parce qu'il n'a épargné aucun effort pour sortir de cette impasse. » « Tout ce que nous avions voulu, a encore dit M. Moussaoui, est qu'une partie des Libanais cesse d'être complice du complot israélo-américain fomenté contre l'indépendance du pays à travers l'anéantissement de la Résistance. »

Komaty : « Des personnalités du 14 Mars ont créé les faux témoins »
Abondant dans le même sens, Mahmoud Komaty, membre du bureau politique du Hezbollah, a accusé le 14 Mars de « protéger les faux témoins parce qu'ils sont de leur création ». « Nous détenons des données et des aveux de faux témoins confirmant l'implication de grandes puissances et de personnalités importantes au Liban dans la création de ce dossier », a-t-il déclaré. Selon lui, « ceux qui les protègent au Liban souhaitent en fait se protéger eux-mêmes puisque ce sont des personnalités fondamentales du 14 Mars qui les ont créés », a-t-il ajouté, avant de juger « inadmissible que les Libanais continuent de financer le TSL qui projette de semer la discorde dans le pays ».

Comme à l'accoutumée en de pareilles circonstances, et dans le but évident d'entretenir le flou sur ses véritables desseins, le Hezbollah s'emploie à souffler le chaud et le froid. Il est satisfait parce que le dossier des « faux témoins » figure en tête de l'ordre du jour du Conseil des ministres de mercredi. Il reconnaît aussi qu'un compromis est possible grâce aux efforts de médiation syro-saoudiens, mais il ne renonce pas pour autant à son ton lourd de reproches et de menaces.Les veillées traditionnelles de l'Achoura sont pour les représentants du Hezbollah autant d'occasions pour réaffirmer leurs points de vue au sujet du Tribunal spécial pour le Liban (TSL) et du dossier dit des « faux...
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