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Liban - Éclairage

Chronique d'un casse-tête annoncé

Le projet de l'État hébreu de retirer ses troupes de la partie nord de Ghajar, un village situé aux confins de la Syrie, du Liban et d'Israël, risque d'être un casse-tête pour les autorités libanaises, estiment les experts. À l'origine syrien, le village de Ghajar a été conquis en juin 1967 par Israël, qui l'a ensuite annexé avec le reste du plateau syrien du Golan.
"Les gens de Ghajar ne veulent pas faire partie du Liban", affirme Timor Goksel, ancien conseiller de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), à propos des 2 200 habitants, dont aucun n'est Libanais.
"Ils disent qu'ils n'ont rien à voir avec le Liban, historiquement, politiquement et socialement. S'ils deviennent Libanais, ils vont perdre leurs privilèges de citoyens israéliens", ajoute-t-il.
Après le retrait israélien unilatéral du sud du Liban en 2000, l'ONU a tracé une Ligne bleue fixant la frontière, avec la partie nord du village au Liban et la partie sud dans le Golan syrien occupé. L'État hébreu s'est alors retiré du nord de Ghajar. Mais lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah à l'été 2006, l'armée israélienne a décidé de réoccuper la partie nord, arguant que les combattants du mouvement chiite libanais en avaient pris le contrôle. La Finul a ensuite demandé à Israël de s'en retirer en vertu de la résolution 1701 du Conseil de sécurité de l'ONU mettant fin à la guerre.
Le 17 novembre, quatre ans après cette résolution, le gouvernement israélien a approuvé le principe du retrait des troupes de la partie nord du village pour en remettre le contrôle à la Finul, sans pour autant préciser quand il comptait le faire.
"Israël patrouillera seulement dans le sud de la Ligne bleue", explique Andrew Tabler, un expert de la Syrie et du Liban au Washington Institute for Near East Policy. "Le plan est en fait de retourner au statu quo d'avant 2006".
"La barrière de sécurité israélienne courant le long de la bordure nord du village va demeurer", estime M. Tabler. "La question qui se pose maintenant est: qui va patrouiller dans la partie nord?".
Alors que le Hezbollah demande qu'Israël remette la partie nord du village à l'armée libanaise, des experts estiment qu'il est peu probable que l'armée puisse y avoir accès.
La plupart des habitants de Ghajar, des musulmans alaouites d'origine syrienne qui ont obtenu la nationalité israélienne, ont vivement rejeté la décision du retrait. Une telle mesure se traduirait par une nouvelle partition du village: 1 700 personnes au Liban et 500 en Israël, ce qui rendrait extrêmement difficile des rencontres entre membres d'une même famille d'un côté et de l'autre du village.
Si le gouvernement libanais n'a pas encore réagi à l'annonce israélienne, le Hezbollah a estimé qu'elle n'était qu'"une ruse préparée avec l'ONU", destinée à montrer qu'Israël applique les résolutions du Conseil de sécurité.
Un porte-parole de la Finul a refusé de rendre public le contenu des discussions avec Israël, mais indiqué que la force internationale visait, à terme, au retour des troupes libanaises dans le nord du village.
"Outre la vérification du futur retrait israélien, la Finul a le mandat (...) d'assister le gouvernement libanais pour assurer le retour de son autorité effective dans le sud du Liban et cela comprend le déploiement de l'armée libanaise", a déclaré ce porte-parole, Neeraj Singh.
Cependant, pour nombre d'experts, un retrait israélien du nord de Ghajar n'est pas pour demain.
"Cela ne va pas arriver avant la conclusion d'un traité de paix entre Israël et la Syrie, et ensuite entre le Liban et Israël. Donc, tout le monde verra ce qu'il fait le moment venu", estime M. Tabler.
"Les gens de Ghajar ne veulent pas faire partie du Liban", affirme Timor Goksel, ancien conseiller de la Force intérimaire de l'ONU au Liban (Finul), à propos des 2 200 habitants, dont aucun n'est Libanais."Ils disent qu'ils n'ont rien à voir avec le Liban, historiquement, politiquement et socialement. S'ils deviennent Libanais, ils vont perdre leurs privilèges de citoyens israéliens", ajoute-t-il.Après le retrait israélien unilatéral du sud du Liban en 2000, l'ONU a tracé une Ligne bleue fixant la frontière, avec la partie nord du village au Liban et la partie sud dans le Golan syrien occupé. L'État hébreu s'est alors retiré du nord de Ghajar. Mais lors de la guerre entre Israël et le Hezbollah à l'été 2006,...
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