La question qui se pose au Liban est la suivante : comment traiter avec un retrait israélien qui n'en est pas un ? /
Il va de soi que l'armée libanaise peut difficilement traiter avec des nationaux israéliens d'origine arabe au statut si ambigu, et qu'elle va devoir "coordonner" son action sur ce plan avec la Finul.
La réponse libanaise à ces plans est attendue cette semaine et au cas où le Liban approuve le plan d'action de l'ONU, l'heure "H" du retrait israélien ne devrait plus tarder.
La question qui se pose au Liban est aussi la suivante : comment traiter avec un retrait israélien qui n'en est pas un ? Certes, l'État hébreu replie ses troupes, admet Beyrouth, mais il reste présent sur deux plans au moins : les services divers qu'il assure aux familles de Ghajar Nord, et ses agents secrets. Israël a en effet exigé qu'en échange de son retrait, le Hezbollah n'investisse pas la place laissée vide.
Du reste, il est inconcevable que l'armée libanaise autorise ces nationaux si particuliers à pénétrer en territoire libanais. Ce faisant, la grande muette est dans son droit le plus absolu, puisque le l'extension urbaine des Ghajarois, au cours des 4 années passées, a empiété sur un territoire qui relève du cadastre libanais et que, d'un certain point de vue, c'est à eux d'en supporter ses conséquences.
Pour un responsable libanais haut placé, il ne fait pas de doute que le Liban a reçu "un cadeau empoisonné" et que sa position actuelle "n'est pas à envier". En se retirant de Ghajar-nord, en effet, Israël va pouvoir claironner qu'il respecte la résolution 1701 du Conseil de sécurité, sans que le Liban n'en puisse tirer réellement avantage.

