L’AFEL s’occupe actuellement de 500 enfants issus de 220 familles.
Deux événements ont marqué l'année 2010 à l'AFEL : le transfert vers de nouveaux locaux à Bourj Hammoud du service de rattrapage scolaire destiné aux enfants qui ont un retard scolaire ou un léger retard mental, ainsi que la publication d'un guide sur la maltraitance des enfants, qui est adressé aux professionnels de l'enfance.
C'est à deux voix que la présidente de l'AFEL, Simone Wardé, et la secrétaire générale de l'association, Amal Farhat Bassil, parlent des nouveaux locaux et du guide qui a pris de longs mois de travail.
Mme Wardé indique qu'au « cours de l'année écoulée, l'AFEL, qui devait quitter les locaux de l'école Saint-Vincent à Bourj Hammoud abritant les classes de rattrapage scolaire, a pu acheter et aménager l'école al-Sanabel pour recevoir les enfants ayant besoin de suivre des cours de rattrapage scolaire ».
Fondé il y a 22 ans, ce service spécial de remise à niveau a été créé pour les enfants en difficulté scolaire, victimes de troubles de l'apprentissage. Il a pour objectif d'aider les enfants non scolarisés à atteindre le niveau requis, permettre aux élèves qui accusent un retard dans les notions de base de les acquérir et d'intégrer une école classique ou technique, et assurer enfin aux enfants inadaptés un cadre scolaire favorisant les possibilités d'intégration. Quatre-vingt-trois enfants, âgés de 6 à 15 ans, bénéficient de ce projet. Ce service de remise à niveau est le seul au Liban à accueillir les enfants gratuitement. Il est assuré en collaboration avec les ministères des Affaires sociales et de l'Éducation.
Une partie des enfants en difficulté scolaire bénéficient de ce programme à l'internat de l'AFEL, situé à Jouar el-Bouachek. Le reste, soit 62 élèves, suit les cours à Bourj Hammoud. Les salles comprennent huit à neuf enfants qui sont suivis par un groupe multidisciplinaire présentant des enseignants, des psychomotriciens et des psychologues, note Mme Farhat Bassil.
Mme Wardé souligne dans ce cadre que le nouvel espace ensoleillé de l'école al-Sanabel bénéficie d'un terrain de jeux. Elle se souvient qu'il y a 22 ans, le ministre de l'Éducation Robert Ghanem avait donné son autorisation pour que les enfants inscrits au programme de rattrapage de l'AFEL puissent suivre, s'ils le désirent, des cours dans les écoles au cursus ordinaire ou dans les écoles techniques.
Elle ajoute également que l'AFEL est soutenue par le ministère des Affaires sociales, qui finance partiellement les cours de remise à niveau et aide l'AFEL dans toutes ses activités.
S'adresser aux professionnels de l'enfance
Le ministre des Affaires sociales, Sélim Sayegh, a rédigé la préface du guide sur la maltraitance des enfants. Dans le texte, il félicite « l'AFEL pour avoir rassemblé les informations pertinentes et les expertises actualisées dans ce livre, et de le mettre à la disposition des professionnels de l'enfance au Liban, pour le mieux-être des enfants ».
Durant deux ans, l'Association des amis de sœur Emmanuelle (Asmae) ainsi que Global Fund for Children ont contribué à la création de ce manuel. L'ouvrage, rédigé par des experts de l'AFEL, est un guide sur la maltraitance des enfants. Il s'adresse aux professionnels de l'enfance.
Mme Bassil Farhat affirme que l'ouvrage présente notamment « les techniques d'intervention en cas de maltraitance, les lois en vigueur au Liban et le travail de protection sociale. Ce guide donnera des exemples et des moyens pratiques tirés à partir de l'expérience de l'association ». Il sera donc utilisé par d'autres ONG qui travaillent dans le même domaine.
L'AFEL coopère dans ce cadre avec des associations qui se trouvent sur tout le territoire libanais, notamment Save the Children, l'Union pour la protection de l'enfant libanais (UPEL) et Kafa, précise Mme Wardé, soulignant l'importance dans ce cadre de l'échange d'expériences entre les associations.
Toujours dans le cadre de la prévention de la maltraitance des enfants, le guide dispense des formations à divers acteurs sociaux, notamment les membres d'autres ONG, les FSI, les enseignants, les familles et les enfants eux-mêmes.
Tout comme la présidente de l'AFEL, la secrétaire générale de l'association met l'accent sur le fait de croire dans les compétences et les capacités de chaque famille, qui à cause des échecs répétés n'arrive plus à croire au changement au niveau de sa situation socio-économique.
Créée en 1976, au début de la guerre pour venir en aide aux enfants victimes de la misère, l'Association du foyer de l'enfant libanais accueille aujourd'hui 500 enfants issus de 220 familles.
L'AFEL a un triple objectif : accueillir l'enfant défavorisé, assurer son développement, aider sa famille à se réaliser et rendre son milieu apte à son épanouissement.
Un enfant miséreux pris en charge par l'association bénéficie du soutien de cette dernière jusqu'à ce qu'il devienne adulte, prêt à se lancer dans la vie active. Plus de 95 % des enfants de l'AFEL vivent dans des quartiers défavorisés et sont à haut risque de délinquance, dans la banlieue nord de Beyrouth. Près de 50 % d'entre eux vivent avec des parents violents, 30 % manquent de soins et d'alimentation régulière, 20 % sont abandonnés à eux-mêmes et doivent assumer la garde d'autres enfants plus jeunes, 40 % présentent des difficultés scolaires graves et 60 % ont des difficultés et des souffrances psychoaffectives. L'association assure donc le développement culturel et la formation professionnelle de l'enfant en contribuant aux frais d'études scolaires et techniques.
Dans son centre de Sin el-Fil, l'AFEL assure aux enfants à risque de délinquance un cadre, une écoute et un encadrement sécurisant et stimulant, et les aide à réintégrer leur milieu naturel (famille, école). Les enfants qui fréquentent l'externat habitent Sin el-Fil, Bourj Hammoud et Nabaa. Ils sont accueillis d'octobre à juin du lundi au vendredi entre 13 heures et 18 heures.
Toujours à Sin el-Fil, l'association prévoit aussi divers programmes sociaux : l'alphabétisation des adultes, l'éducation populaire (des rencontres mensuelles et des conférences données par des spécialistes sont notamment prévues aux habitants de Sin el-Fil et de ses alentours), les ateliers protégés (du travail manuel est exécuté par les mères des familles de l'AFEL et le bénéfice des travaux leur procure des rentrées supplémentaires).
L'AFEL a un internat à Jouar el-Bouachec qui accueille des enfants en danger moral, physique et psychique, et travaille avec la famille dans le but de réintégrer l'enfant dans un cadre sain et stable à tous les niveaux.
Au Liban, au fil des ans, la population s'appauvrit. Depuis plusieurs années l'association distribue régulièrement des caisses alimentaires aux familles. Pour Noël, une paire de chaussures et un pull sont distribués à chaque enfant fréquentant les locaux de l'association.
Simone Wardé lance un appel au volontariat, notant que « dans toutes les associations au Liban nous avons besoin de personnes qui puissent prendre la relève ».
Pour plus d'informations, contacter le secrétariat général de l'association aux numéros suivants : 01-481690 et 01-485066.
Pour vos dons : Emirates Lebanon Bank SAL 00092 09365 128249 001 86 USD et 00092 09365 128249 001 86 LL et BEMO Bank 03003273661 USD et 03003273661 LL.

