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Liban - La Situation

Rumeur insistante sur un Conseil des ministres samedi

Les ministres devront peut-être interrompre leur long congé, qui aurait dû se prolonger jusqu'après les fêtes de fin d'année. Depuis hier, une rumeur insistante circule sur une probable convocation du Conseil des ministres à une réunion samedi, en raison des dossiers urgents qui doivent être tranchés, avec à leur tête le sort du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, dont le mandat arrive à expiration au début de 2011. Cette rumeur est surtout rapportée par les milieux proches du Premier ministre Saad Hariri qui aurait communiqué son intention de convoquer une réunion du Conseil des ministres samedi au conseiller politique du président de la Chambre, Ali Hassan Khalil. Ce dernier en a aussitôt parlé à Nabih Berry ainsi qu'aux ministres de l'opposition. Ces rumeurs coïncident d'ailleurs avec la visite au Sérail de l'ambassadeur de Syrie Ali Abdel Karim Ali, qui a déclaré à l'issue de son entretien avec le Premier ministre Saad Hariri que les portes de Damas sont ouvertes pour ce dernier quand il le désire. Le diplomate s'est aussi déclaré optimiste au sujet d'une solution rapide de la crise que traverse actuellement le Liban.
Les milieux politiques ont immédiatement établi un lien entre ce soudain vent d'optimisme et la visite du président syrien à Paris aujourd'hui. Les circonstances dans lesquelles celle-ci se déroule rappellent étrangement celles qui prévalaient lors de sa précédente visite en France il y a un peu plus d'un an, alors que le Liban se débattait dans une crise qui bloquait la formation du fameux gouvernement d'union nationale. Celui-ci a donc vu le jour à la veille de la visite d'Assad à Paris, et bien que les différentes parties libanaises aient nié à l'époque tout lien entre les deux événements, la France, elle, avait salué le rôle positif de la Syrie dans la formation du gouvernement libanais.
Aujourd'hui, Assad préférerait sans doute que sa visite en France ne se déroule pas sur fond de paralysie du gouvernement libanais, même si nul n'ignore le fait que le problème dépasse les simples divisions locales et porte désormais sur des questions de fond stratégiques. Il est d'ailleurs pratiquement acquis que le dossier libanais figurera en bonne place à l'ordre du jour des entretiens syro-français, ne serait-ce que sous l'angle de la crise provoquée par la publication prochaine de l'acte d'accusation du TSL. Selon le quotidien syrien al- Watan, le président Assad devrait évoquer avec son interlocuteur français le dossier libanais d'un point de vue stratégique, sans entrer dans les détails politiques internes, expliquant que l'acte d'accusation annoncé et le TSL ne sont pas seulement des questions judiciaires techniques mais s'inscrivent dans un cadre plus général de règlements de comptes politiques...
Dans ce qui ressemble fort à une réponse indirecte à ce qui pourrait être dit, la ministre française des AE Michèle Alliot-Marie a réitéré la position de son pays au sujet du TSL, assurant qu'il est indépendant et que nul ne peut entraver son fonctionnement. L'ambassadeur de France au Liban Denis Pietton lui a emboîté le pas, précisant de son côté que le TSL n'a pas été imposé au Liban mais qu'il a été formé en réponse à une demande de la part du gouvernement libanais. D'autres sources françaises laissent toutefois entendre que la publication de l'acte d'accusation - ou du moins sa ratification par le juge de la mise en état - ne serait pas prévue avant le début de l'année 2011 pour des raisons officiellement techniques.
De son côté, le président du conseil exécutif du Hezbollah, Hachem Safieddine, a affirmé que les Libanais sont désormais très proches de « l'heure où il faudra adopter des positions définitives. Si nos partenaires dans le pays veulent vraiment sauver la patrie, nos mains leur seront tendues ».
Le Hezbollah a d'ailleurs poursuivi sa campagne contre le TSL, laissant le chef du bloc parlementaire de la résistance Mohammad Raad expliquer d'un point de vue juridique « les failles et les lacunes dans la formation et le fonctionnement de ce tribunal très spécial ».
Dans ce contexte où les positions restent tranchées, comment le Conseil des ministres pourrait-il se réunir samedi ? Un ministre de l'opposition explique à L'Orient-Le Jour que cette dernière insiste pour que le dossier des faux témoins soit étudié en premier, quitte à être soumis au vote. Les ministres devront alors voter pour le transfert de ce dossier devant la Cour de justice. Si la proposition n'obtient pas gain de cause, elle s'inclinera devant les résultats du vote. Le dossier pourrait alors être déféré devant la justice ordinaire... Les divisions resteront entières, mais cette issue pourrait permettre de traiter quelques problèmes urgents en attendant les « grandes solutions » qui restent étroitement liées aux contacts syro-saoudiens.
Dans cette atmosphère de crise, le Liban reste une destination privilégiée pour les émissaires du monde entier. Un représentant du département d'État américain, Jeffrey Culver, est ainsi arrivé hier à Beyrouth. Il sera suivi vendredi par le vice-ministre russe des AE, Alexandre Saltanov, et au cours du week-end par le responsable de la section Moyen-Orient au ministère allemand des AE.
Les ministres devront peut-être interrompre leur long congé, qui aurait dû se prolonger jusqu'après les fêtes de fin d'année. Depuis hier, une rumeur insistante circule sur une probable convocation du Conseil des ministres à une réunion samedi, en raison des dossiers urgents qui doivent être tranchés, avec à leur tête le sort du gouverneur de la Banque du Liban Riad Salamé, dont le mandat arrive à expiration au début de 2011. Cette rumeur est surtout rapportée par les milieux proches du Premier ministre Saad Hariri qui aurait communiqué son intention de convoquer une réunion du Conseil des ministres samedi au conseiller politique du président de la Chambre, Ali Hassan Khalil. Ce dernier en a aussitôt...
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