"Elles ont entamé les discussions avec leur point de vue, mais l'Iran leur a dit que les discussions devraient se poursuivre sur la base de ses conditions. Elles ont donc sérieusement changé leur position", a déclaré M. Jalili cité par le site de la télévision d'Etat.
"Après que l'Iran a insisté et argumenté", les grandes puissances ont "accepté que la prochaine rencontre à Istanbul porte sur la coopération et les points communs" entre les deux parties, et non sur le seul dossier nucléaire iranien comme elles le souhaitaient, a ajouté le négociateur iranien.
L'Iran et le groupe des 5+1 (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne) ont repris lundi et mardi à Genève leurs discussions interrompues depuis 14 mois sur les moyens de régler la crise née du programme nucléaire iranien controversé.
Les grandes puissances souhaitaient limiter les discussions à ce programme qui inquiète la communauté internationale, et qui a été condamné par six résolutions de l'ONU. Elles soupçonnent l'Iran de chercher à se doter de l'arme nucléaire, ce que Téhéran a toujours vigoureusement démenti.
L'Iran a affirmé en revanche depuis le début que ses "droits" nucléaires n'étaient "pas négociables", et que les discussions devaient être élargies à des questions de sécurité régionale, incluant la possession par Israël d'armes nucléaires et l'attitude "hostile" des grandes puissances à son égard.
La rencontre de Genève a été saluée mercredi comme un succès de l'Iran par la presse conservatrice ou ultra-conservatrice proche du pouvoir.
"Jalili revient en Iran les mains pleines", titre le quotidien Khabar (proche du président du Parlement Ali Larijani), tandis que Siasat Rouz (proche des Gardiens de la révolution) annonce: "Premier pas positif".
"La position ferme (adoptée par les négociateurs iraniens) a entraîné la victoire de la République islamique et l'échec des 5+1", a affirmé de son côté un responsable de la commission de sécurité nationale du parlement, Hossein Sobhani-Nia, dans le quotidien en anglais ultra-conservateur Kayhan International.
"Les 5+1 doivent parvenir à un accord avec l'Iran", analyse de son côté Vatan Emrouz, proche du gouvernement. "Et ils savent que s'il y a un autre fossé de plusieurs mois (sans négociations) avec l'Iran, ils n'auront aucun moyen de parvenir à un tel accord, car l'Iran (...) sera autosuffisant" pour la production de combustible nucléaire.


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