Face à ce spectaculaire coup de force, qui a paralysé le ciel pendant 24 heures, le gouvernement socialiste a lui aussi choisi la force en décrétant l'état d'alerte, une mesure réservée aux situations exceptionnelles, encore jamais utilisée en 35 ans de démocratie. Dans les faits, les contrôleurs aériens seront soumis pendant 15 jours à l'autorité de l'armée et les grévistes pourront être sanctionnés. Le ministre des Transports, Jose Blanco, a annoncé hier que « 442 procédures disciplinaires » avaient déjà été lancées. « Nous allons appliquer la loi avec fermeté. Il n'y aura pas de problèmes dans nos aéroports, ni à Noël ni après », avait promis samedi le ministre de l'Intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba. Sitôt décrété samedi l'état d'alerte, les contrôleurs ont plié et regagné leurs postes.
Le conflit qui a éclaté ce week-end couvait en fait depuis de longs mois, le gouvernement cherchant à limiter les avantages particuliers dont bénéficient les 2 300 contrôleurs aériens espagnols. Mais outre la méthode, les revendications d'une profession dont le salaire moyen atteint 200 000 euros par an, dans un pays aux 20 % de chômeurs, passent mal dans l'opinion. « Il est presque obscène de penser que quelques privilégiés ont exercé ce chantage contre l'État (...) Pour tout cela, les contrôleurs doivent être punis avec toute la force de la loi », a écrit le quotidien El Mundo.
C'est justement de cette situation qu'espère tirer parti le gouvernement de Jose Luis Rodriguez Zapatero, empêtré dans les retombées de la crise économique qui lui valent des records d'impopularité. Le gouvernement « va prendre de sévères mesures contre les contrôleurs. Il sait que c'est une exigence de la rue, indignée par le préjudice énorme causé par la grève sauvage », a relevé le quotidien El Pais.


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