L’ancienne ministre des Finances Rachida Dati a souligné l’urgence de mieux coordonner entre les sphères publique et privée.
La RSE : source d'opportunités économiques
L'investissement des entreprises dans des activités qui bénéficient aux groupes marginalisés de la société, comme par exemple les femmes dans plusieurs pays, n'est pas uniquement une question de tendance. Selon la présidente des institutions financières à la Bank of New York Mellon, Nadine Chakar, « c'est désormais une des clés majeures de la réussite des entreprises ». « Les institutions qui ont le plus résisté à la crise mondiale sont celles qui ont mis en place de véritables programmes d'activités socialement responsables », a-t-elle ajouté. Véritable opportunité économique, la RSE est un enjeu essentiel pour les investisseurs. À titre illustratif, « l'investissement socialement responsable » représenterait aujourd'hui 20 % des actifs sous gestion au Canada.
Pour Bana Akkad Azhari, directrice de la région du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord (MENA) à la Bank of New York Mellon, on ne peut possiblement parler de RSE sans prendre en considération la moitié de la population, à savoir les femmes. Selon cette dernière, la RSE comprend des activités concrètes telles que la lutte pour un salaire égal entre les hommes et les femmes, et la lutte contre les discriminations à l'emploi. Rappelons à cet égard que le Liban avait été classé, dans un rapport publié par le Forum économique mondial, 115e sur 134 pays en termes d'inégalités entre sexes. De plus, au niveau de la participation économique des femmes, le Liban a été classé 124e, les femmes ne représentant que 25 % de la population active.
Joindre le social au business
Pourtant, malgré cette population active, certaines et certains ont décidé non pas de consacrer une partie des revenus de leurs entreprises à des fins sociaux, mais de transformer un problème sociétal en l'objet même de leurs entreprises - des initiatives d'entrepreneuriat social.
« Beaucoup de personnes pensent qu'il est tabou de tirer des profits d'une activité dont l'objet est de se concentrer sur un problème sociétal », a déploré la présidente de la compagnie de production télé Firehorse. « On peut tout à fait créer une activité dont le but est social et en tirer des profits », a-t-elle ajouté. D'ailleurs, plusieurs initiatives d'entrepreneuriat social ont vu le jour au Liban. C'est le cas entre autres de l'organisation non gouvernementale (ONG) Injaz, qui met en place des programmes qui visent à préparer les jeunes étudiants de 9 à 16 ans au marché de l'emploi, et ce en partenariat avec le ministère de l'Education et de l'Enseignement supérieur et le secteur privé. « Le monde arabe doit créer 70 millions d'emplois d'ici à 2020 », a alerté Jad tamer, responsable à Injaz Liban. C'est pour cela que nous œuvrons en faveur de rencontres entres les jeunes et le secteur privé, ainsi que pour mettre sur pied des programmes pour enseigner aux jeunes le savoir financier et monétaire.
Les initiatives de RSE et l'entrepreneuriat social ne doivent toutefois pas constituer un prétexte au désengagement de l'État, a mis en garde Rachida Dati. À ce sujet, plusieurs participants se sont d'ailleurs soulevés contre le manque de soutien du secteur public aux entrepreneurs et acteurs de la société civile déterminés à porter ne serait-ce qu'une partie du poids des problèmes sociétaux.


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