Mais le massacre de Bagdad m'a réveillé de mon silence.
Ils étaient plus de 56 chrétiens d'Irak, réunis dans une église de Bagdad, quand des vandales intolérants et sectaires les ont massacrés sans pitié, en pensant réaliser un acte salutaire à leur intégrité.
Dans l'histoire sanglante de l'Église militante, des milliers de martyrs sont morts pour conserver leur foi et, aujourd'hui, ils sont honorés dans toutes les Églises du monde.
Nous, chrétiens du Moyen-Orient, nous ressentons au fond de notre cœur comme une détresse, et nous craignons qu'un jour nous ne soyons sacrifiés, comme nos frères d'Irak ou d'ailleurs, sur l'autel des intérêts politiques des maîtres de ce monde.
La seule réaction sincère à cet accès de terreur religieuse est venue du Liban, où toutes les communautés religieuses chrétiennes ou musulmanes ont réagi à cet acte barbare, digne des tyrans des premiers siècles de notre ère.
Nous nous insurgeons contre ces méthodes barbares et nous demandons à nos frères chrétiens et musulmans de garder leur calme, de sauvegarder cette coexistence pacifique qui est la grandeur de ce grand petit pays, et de dire à la face du monde, toutes communautés réunies, que le peuple libanais veut vivre tranquille dans un Liban pays d'amour et de paix.

