Les États-Unis et la Corée du Sud ont procédé dimanche à une démonstration de force aéronavale visant la Corée du Nord. Jung Yeon-je/AFP
Pyongyang, ulcéré par ces exercices auxquels prend part un porte-avions de la US Navy, a promis de riposter « sans pitié » à toute intrusion dans ce qu'il considère son espace maritime souverain. Le régime stalinien a mis en garde sur les « conséquences imprévisibles » de ces opérations au large. Ces eaux sont considérées jalousement par Pékin, qui s'est dit « opposé à toute action militaire non autorisée à l'intérieur de la zone économique exclusive de la Chine ». Selon le Pentagone, ces opérations « de nature défensive » ne sont « pas dirigées contre la Chine ».
La pièce maîtresse du dispositif est le porte-avions nucléaire George Washington, qui peut transporter 75 avions. Il est accompagné des croiseurs lance-missiles USS Cowpens et USS Shiloh, ainsi que des destroyers lance-missiles USS Lassen, USS Stethem et USS Fitzgerald. Washington a aussi fourni un E8 Joint-Stars, un avion de commandement et de surveillance des cibles terrestres. « Cet avion va surveiller des cibles (potentielles) terrestres de l'armée nord-coréenne », a expliqué un haut responsable gouvernemental sud-coréen.
Séoul a engagé de son côté six bâtiments de guerre sud-coréens, dont un destroyer lance-missiles de 7 600 tonnes équipé du système Aegis, deux destroyers de 4 500 tonnes, des frégates et des moyens aériens de lutte contre les sous-marins. Ces missiles antiaériens SA-2 semblent potentiellement viser des avions de combat sud-coréens qui voleraient trop près de la ligne de démarcation maritime, a assuré une source gouvernementale.
Des détonations près de Yeonpyeong ont conduit les autorités à ordonner aux résidents de cette île de gagner temporairement des abris. Plus tard, les autorités ont demandé aux journalistes de quitter les lieux par crainte de « provocations » nord-coréennes.
Pyongyang a déployé des missiles sol-air près de sa frontière maritime contestée avec Séoul, selon la presse sud-coréenne.
Pékin, de son côté, a proposé une réunion d'urgence sur la situation « vivement préoccupante » dans la péninsule coréenne sous tension. Pékin a suggéré que se retrouvent début décembre les six pays participant aux négociations sur le programme nucléaire nord-coréen (deux Corées, États-Unis, Japon, Russie et Chine), en soulignant la « profonde inquiétude » de la communauté internationale. Séoul et Tokyo ont réagi avec prudence à cette proposition.
Quelques heures plus tôt, le président sud-coréen Lee Myung-bak avait demandé à Pékin d'adopter une position « plus équitable et plus responsable dans ses relations avec les deux Corées ».
Le gouvernement chinois a été la cible de nombreuses critiques cette semaine en Corée du Sud pour son attitude jugée conciliante vis-à-vis de la Corée du Nord, après un bombardement meurtrier par Pyongyang d'une île sud-coréenne que Pékin n'a pas condamné.

