Dans une interview à Radio Liban, le ministre du Travail, Boutros Harb, a indiqué que l'intiative syro-saoudienne est maintenue, mais qu'il importe que les Libanais puissent eux-mêmes trouver une solution à la crise. Il a cependant estimé que la seule issue possible « pouvant permettre d'édifier un avenir est d'appliquer les règles et les lois reconnaissant l'établissement d'un Tribunal spécial pour juger les assassins » de l'ancien Premier ministre, Rafic Hariri. Ou, a-t-il ajouté, il faudra que « les Libanais s'entendent à l'unanimité pour rejeter l'acte d'accusation s'il n'est pas fondé sur des éléments de preuve sérieux, convaincants et non politisés ».
M. Harb a jugé positive la visite de M. Hariri en Iran dans la mesure où elle permet, selon lui, d'instituer des relations d'État à État avec la République islamique et d'atténuer la tension qui prévaut actuellement entre le Hezbollah et d'autres parties politiques à cause du Tribunal spécial pour le Liban. Elle contribuera aussi, selon lui, à renforcer les chances d'une reprise du dialogue.
Le député Atef Majdalani a pour sa part jugé qu'il n'est pas possible de commenter les informations de presse relatives au tribunal « sans s'assurer de leurs sources et de leur degré de crédibilité » et affirmé s'attendre à de nombreuses tentatives de discréditer le TSL.
Le député Marwan Hamadé a affirmé ne pas savoir quand l'acte d'accusation sera publié, assurant toutefois qu'il le sera et qu'il « constituera une étape importante dans l'histoire de la justice au Liban où le dialogue démocratique et non pas celui des armes doit prévaloir ». Dans une déclaration à Now Lebanon, axée principalement sur le souvenir de l'ancien président René Moawad, il a dit ne pas redouter les conséquences de l'acte d'accusation partant du principe que le Liban a connu les pires assassinats politiques. « Ce document nous dévoilera peut-être les tueurs du dernier lot de martyrs, mais il démasquera en définitive tous les autres assassins », a-t-il ajouté.
Son collègue Samy Gemayel, qui s'exprimait dans le cadre d'un meeting organisé à la faculté de droit et de sciences politiques de l'Université libanaise à Jal el-Dib pour la commémoration de l'assassinat de son frère, Pierre, a affirmé rejeter « les moitié de solutions, ainsi que les compromis qui se concoctent en dehors du Liban et au nom du Liban au sujet du TSL, à cause d'une partie qui intimide aujourd'hui les Libanais ». « Ils peuvent essayer de parvenir à des compromis sur tout, mais pas sur le sang des martyrs », s'est-il révolté, avant d'indiquer qu'il est prêt à redescendre dans la rue pour protester contre ce genre de manœuvres si elles sont avérées. Selon lui, « trois sujets ne peuvent pas être négociables parce qu'ils sont fondamentaux pour le pays : la justice, à savoir le Tribunal spécial pour le Liban, la souveraineté, sans armes illégales, et l'édification d'un État de droit ».


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