Des informations publiées hier par le journal allemand Financial Times Deutschland ont mis le feu aux poudres. Selon le quotidien financier, la Banque centrale européenne et une majorité de pays de la zone euro font pression sur le gouvernement portugais pour qu'il demande à son tour une aide de l'UE et du FMI. Ces pressions auraient pour arrière-pensée d'éviter à l'Espagne de se retrouver dans une situation difficile, estime le journal.
Les gouvernements portugais et allemand et le président de la Commission européenne José Manuel Barroso ont aussitôt démenti ces informations. Le chef du gouvernement socialiste espagnol José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré de son côté qu'il écartait « absolument » l'éventualité d'un plan de sauvetage financier de l'Espagne. « Ceux qui misent contre l'Espagne à court terme vont se tromper », a-t-il ajouté.
Malgré ces propos rassurants, les rumeurs de contagion ont affolé les marchés.
Sur le marché obligataire, l'écart entre les taux espagnols à 10 ans et les taux allemands, qui servent de référence dans la zone euro, a atteint vendredi un plus haut historique, à 260 points de base, signe de la défiance des investisseurs à l'encontre de l'Espagne.
Quant à l'euro, il s'enfonçait hier sous le seuil de 1,33 dollar, au plus bas depuis deux mois.
Les marchés attendent aussi avec anxiété les détails du plan d'aide à l'Irlande de l'UE et du Fonds monétaire international, au sujet duquel des tractations sont toujours en cours à Dublin. Des sources diplomatiques européennes ont indiqué que ce plan avait de bonnes chances d'être finalisé dès dimanche.
Selon ces sources, une réunion des ministres des Finances de la zone euro, puis de l'ensemble de l'Union européenne, devrait du coup avoir lieu dimanche, par conférence téléphonique. Il s'agit d'approuver le montant de l'aide, qui devrait tourner autour de 85 milliards d'euros, et de fixer les conditions à remplir par Dublin en échange.
Au cours d'un entretien téléphonique jeudi soir, la chancelière allemande Angela Merkel et le président français Nicolas Sarkozy ont souhaité un accord rapide sur l'aide à l'Irlande.
Dans ce contexte de tension, le quotidien allemand Die Welt a affirmé, dans son édition de vendredi, que la Commission européenne avait proposé de doubler à 880 milliards d'euros le montant des garanties de prêts du Fonds de secours pour la zone euro. Bruxelles a catégoriquement démenti ces informations.
Des responsables allemands ont également écarté hier l'éventualité d'un renflouement du Fonds.

