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Moyen Orient et Monde - Détention

L'icône de la démocratie birmane Aung San Suu Kyi est libre

Aung San Suu Kyi, symbole de la lutte pour la démocratie en Birmanie, a été libérée samedi après plus de sept ans en résidence surveillée, demandant à des milliers de partisans en liesse de travailler "à l'unisson" pour l'avenir du pays.

La fille du général Aung San, héros de l'indépendance birmane, a passé plus de 15 des 21 dernières années privée de liberté. Elle n'avait pas circulé librement depuis mai 2003. /

La lauréate du prix Nobel de la paix, considérée par ses admirateurs comme l'unique solution face à la junte au pouvoir, est apparue souriante aux grilles de sa maison, quelques minutes après avoir pris connaissance de l'ordre de libération la concernant.
Portant quelques instants dans ses cheveux une fleur lancée depuis la foule, elle a prononcé quelques mots devant des partisans en délire, la plupart de ses paroles étant couvertes par les hurlements et les applaudissements.
"Nous devons travailler ensemble, à l'unisson" à l'avenir du pays, a-t-elle déclaré.
"Si vous voulez entendre, venez s'il vous plaît demain à midi au bureau" de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), son parti dissous avec lequel elle a mené tout son combat depuis son apparition sur la scène politique birmane, en 1988.
"Elle est libre maintenant", avait indiqué un responsable birman quelques minutes auparavant, tandis que la police enlevait les barrières menant à la vieille demeure familiale dans laquelle elle a été si longtemps confinée.
La fille du général Aung San, héros de l'indépendance birmane, a passé plus de 15 des 21 dernières années privée de liberté. Elle n'avait pas circulé librement depuis mai 2003.
Après avoir déjà patienté vendredi en vain près de la maison et au siège de la LND, ses supporters avaient commencé à se rassembler samedi à l'aube pour assister à ce moment historique. Beaucoup d'entre eux portaient des T-shirts à son effigie, avec comme slogan "Debout avec Aung San Suu Kyi".
Les premières réactions sont venues des capitales européennes, notamment Londres qui a estimé que sa libération aurait dû être acquise "depuis longtemps". Paris, tout en se réjouissant, a de son côté mis en garde la junte contre "toute entrave à sa liberté de mouvement ou d'expression".
Le président américain Barack Obama a salué la libération de son "héroïne", réclamant que tous les autres prisonniers politiques du pays soient élargis à leur tour, bientôt rejoint par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
L'Occident avait violemment critiqué ces derniers mois le refus des militaires de laisser sortir l'opposante avant les élections de dimanche dernier, les premières depuis 20 ans, à l'issue desquelles le parti pro-junte revendique quelque 80% des sièges, et ce avant même les résultats officiels.
En la maintenant enfermée pendant toute la campagne, le généralissime Than Shwe, homme fort de la junte, a écarté sa pire ennemie du tableau électoral, après le camouflet infligé en 1990.
Mme Suu Kyi et la LND avaient à l'époque remporté une très large victoire aux élections. La junte a toujours refusé d'honorer ces résultats, mais l'opposante les a constamment brandis pour justifier sa légitimité d'adversaire numéro un des militaires.
Des voix s'élevaient d'ailleurs samedi pour dénoncer une manipulation de la junte pour détourner l'attention du monde entier après ces élections.
"La libération d'Aung San Suu Kyi n'est qu'une affaire de relations publiques et n'a rien à voir avec les réformes démocratiques", a souligné Burma Campaign UK, tandis que Human Rights Watch dénonçait un "stratagème cynique".
Même si ses partisans continuent de voir en elle le seul espoir pour la démocratie dans un pays dirigé par des militaires depuis un demi-siècle, la position de Mme Suu Kyi est aujourd'hui affaiblie.
La LND a boycotté le dernier scrutin et a été dissoute par la junte, laissant l'opposition démocratique divisée et exténuée. Certains de ses cadres ont fait défection pour créer la Force démocratique nationale (NDF) et participer au scrutin sous de nouvelles couleurs.
Aung San Suu Kyi va devoir réapprendre à connaître un pays dont elle a été complètement coupée. Elle va découvrir les jeunes Birmanes qui portent une minijupe, les téléphones portables, la petite scène musicale de Rangoun.
Elle n'a pas vu non plus ses deux enfants qui vivent en Grande-Bretagne depuis près de dix ans, et avait renoncé à se rendre en 1999 au chevet de son mari mourant, de peur de ne plus pouvoir retourner en Birmanie.
La lauréate du prix Nobel de la paix, considérée par ses admirateurs comme l'unique solution face à la junte au pouvoir, est apparue souriante aux grilles de sa maison, quelques minutes après avoir pris connaissance de l'ordre de libération la concernant.Portant quelques instants dans ses cheveux une fleur lancée depuis la foule, elle a prononcé quelques mots devant des partisans en délire, la plupart de ses paroles étant couvertes par les hurlements et les applaudissements."Nous devons travailler ensemble, à l'unisson" à l'avenir du pays, a-t-elle déclaré."Si vous voulez entendre, venez s'il vous plaît demain à midi au bureau" de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), son parti dissous avec lequel elle a...
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