Peu après, un porte-parole du ministère des Finances a démenti avec la même fermeté la tenue de discussions entre l'Irlande et l'UE en vue d'une telle demande d'aide, évoquée par certains médias malgré les déclarations du ministre. « Il n'y a aucune discussion relative à une demande de financement d'urgence de l'Union européenne », a indiqué ce porte-parole.
Ces rumeurs interviennent au moment où les investisseurs s'inquiètent de plus en plus de la capacité du gouvernement irlandais, en proie à un déficit astronomique (32 % cette année), à redresser les finances publiques. Le Premier ministre, Brian Cowen, dispose d'une majorité fragile, alors que le Parlement doit se prononcer début décembre sur un budget de rigueur.
M. Lenihan a répété que le gouvernement faisait tout ce qui était en son pouvoir pour redresser la barre et a mis les inquiétudes des marchés, qui ont fait grimper les taux d'intérêt des emprunts d'État irlandais à de nouveaux records cette semaine (près de 9 %), sur le compte de problèmes échappant à son emprise.
« Quand les marchés restent aussi agités, ce n'est clairement pas de la faute de l'Irlande. C'est lié à un problème international plus général », a noté le ministre. Il a notamment critiqué l'idée lancée par l'Allemagne de faire payer aux investisseurs privés une partie du sauvetage des États en déroute financière, ce qui a selon lui contribué involontairement à l'envolée des taux de la dette irlandaise. « Les commentaires suggérant que l'Irlande ne pourrait pas émettre de dettes sans qu'elles soient automatiquement soumises à un partage du fardeau (entre public et privé, NDLR) ont fait beaucoup de dégâts car ils nous ont coupés du marché », a-t-il expliqué.
« Si vous dites à votre banquier que vous ne voulez pas payer (vos dettes), cela a des conséquences dramatiques, et si nous avions décidé que c'était notre politique, cela aurait provoqué une vraie crise », a-t-il résumé. M. Lenihan avait auparavant salué la clarification apportée sur ce sujet par plusieurs pays européens en marge du G20 en se félicitant de ce signe de « solidarité ».
Enfin, le ministre a démenti que les difficultés du secteur bancaire irlandais pourraient encore s'aggraver et rendre leur sauvetage encore plus ruineux pour les finances publiques, un scénario qui alimente l'anxiété des investisseurs. Selon lui, l'état du secteur bancaire a été évalué correctement et les sommes suffisantes ont été provisionnées.


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