Quand Valérie Cachard joue à la poupée... russe. (Ibrahim Tawil)
Un effeuillage symbolique qui marque le rythme de ce conte performance, écrit et mis en espace par Valérie Cachard elle-même. Tandis que, sous l'éclairage tamisé des voûtes en pierre de taille de la crypte, sa voix, au ton délibérément monocorde, emporte le spectateur - ou plutôt la spectatrice, car c'est plus à elle que ce spectacle s'adresse - dans les limbes du souvenir d'enfance. Dans cet espace-temps où les contes, les jeux de rôles et le lien maternel ont toute leur place et leur puissance.
Un univers que la jeune conteuse va croquer avec des mots, parfois joueurs, des phrases, quelquefois percutantes, et des trouvailles scéniques intéressantes, dans un enchevêtrement de petits récits courant sur quarante-cinq minutes. Et qui évoquent de différentes manières les cycles éternellements recommencés des transmissions mère-fille, mais aussi fille-mère.
«Quand une femme a le ventre vide, c'est qu'elle a forcément mis l'enfant ailleurs», énonce cette enseignante de français, journaliste et lauréate en 2005 du Prix jeune écrivain francophone qui, dans ce premier spectacle, en solo, veut «raconter comment toute fille est très tôt une mère en puissance même si elle n'a jamais porté d'enfant, comment toute fille est fille de sa mère, mais aussi mère de sa mère...».
Et qui, pour étayer ses propos, a joué, à fond, le symbolisme des matriochkas, ces poupées russes qui s'emboîtent les unes dans les autres et qui donnent son titre à la performance.
«La matriochka, c'est à la fois la mère et toutes les filles qui sommeillent en elle», indique, d'ailleurs, Valérie Cachard au dos du carton du spectacle (qui a la forme d'une jolie carte postale à l'ancienne signée Yasmina Baz). Autrement dit, toutes les filles sont des matriochkas en puissance. L'idée est, pour un premier travail scénique, plutôt bien exploitée.
Jusqu'au 21 novembre, les jeudi, vendredi, samedi et dimanche, à 20h00.
* Rue de l'Université Saint-Joseph. Informations et réservations au 01/202422.

