La sécurité était renforcée hier à Rangoun, et selon des responsables birmans, il est « sûr » que la lauréate du prix Nobel de la paix va être libérée. Espérant une libération, environ 600 de ses partisans se sont rassemblés devant le siège de sa Ligue nationale pour la démocratie (LND), certains portant des tee-shirts blancs avec sa photo. Des policiers filmaient le rassemblement à l'extérieur du bâtiment sur lequel était accrochée une banderole avec ces mots : « Le temps est venu pour la libération d'Aung San Suu Kyi. »
Mais à la tombée de la nuit, les partisans de la « Dame » de Rangoun sont rentrés chez eux, après un appel lancé par les responsables de la Ligue qui n'avaient toujours pas eu de confirmation de sa libération. Selon un responsable birman, elle devrait être libérée samedi, jour où expire sa dernière condamnation à l'assignation à résidence. Quatre experts de l'ONU ont exhorté hier le régime militaire birman à la libérer ainsi que 2 200 prisonniers politiques.
Sa probable libération pose la question de ses intentions face aux défis qui l'attendent, de la contestation des résultats des élections de dimanche dernier, les premières en 20 ans, à la possible réorganisation d'une opposition divisée. « Elle ne va pas devenir une reine de l'humanitaire. Elle va faire de la politique », assure Maung Zarni, analyste à la London School of Economics. Mais de quelle façon et avec qui? Continuera-t-elle avec les cadres vieillissants de la LND ?


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