En Jordanie, douze des 120 sièges du Parlement sont réservés aux femmes. Khalil Mazraawi/AFP
Les Jordaniens, qui étaient sans Parlement depuis un an à la suite de la dissolution de la Chambre, ont choisi leurs 120 élus à la Chambre basse du Parlement bicaméral. Outre la Chambre, le Sénat est formé de 60 membres désignés par le roi. L'électorat est estimé à près de 2,5 millions, sur une population particulièrement jeune de 6,3 millions. Les 763 candidats, dont 134 femmes, sont en grande majorité proches du pouvoir. Douze des 120 sièges sont réservés aux femmes, neuf aux chrétiens et trois aux Circassiens, minorité venue du Caucase au XIXe siècle.
Un remaniement ministériel est attendu avant l'inauguration du Parlement, le 28 novembre, a indiqué un haut responsable, précisant que le Premier ministre Samir Rifaï devrait être maintenu dans ses fonctions. M. Rifaï, 43 ans, devrait « remplacer six ou sept ministres, dont deux sont des ministres importants », a ajouté ce responsable sous le couvert de l'anonymat.
Les législatives ont été marquées par un boycott du principal parti de l'opposition, le Front de l'action islamique (FAI). La confrérie des Frères musulmans a également boudé les législatives pour protester contre la loi électorale, approuvée en mai, qui a maintenu un système uninominal à un tour. Sept islamistes ont bravé l'interdit.
Près de 40 000 policiers et des forces de l'armée ont été déployés dans le pays pour assurer la sécurité des élections. Mais en marge du scrutin, un jeune homme de 25 ans a été tué par balles dans le sud du pays, à Karak, et deux autres ont été blessés lors d'un affrontement entre des adeptes de candidats rivaux. Des violences ont aussi eu lieu dans d'autres régions du royaume, rapidement contenues par les forces de l'ordre. Trente jeunes ont été arrêtés hier dans la ville de Madaba (Sud) en possession « de couteaux et haches », a déclaré le porte-parole de la police, Mohammad Khatib.
Le gouvernement avait promis des élections « libres et transparentes », celles de 2007 ayant été ternies par des accusations de fraude, ce qui a poussé le roi Abdallah II à dissoudre la Chambre en novembre 2009, deux ans avant la fin de son mandat de quatre ans. Dans ce contexte, le gouvernement a autorisé pour la première fois la présence de 250 observateurs internationaux.
Les législatives ont lieu le jour du cinquième anniversaire des attaques meurtrières contre trois hôtels à Amman qui ont fait 60 morts, revendiquées par le Jordanien Abou Moussaab al-Zarqaoui, chef d'el-Qaëda en Irak tué en 2006. Le choix de cette date « constitue un message de soutien de tous les Jordaniens à la démocratie contre toutes formes de terrorisme », a déclaré le Premier ministre.


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