L’excès de vitesse, plaie numéro un de la circulation routière. Photo Ibrahim Tawil
Rappelons que les automobilistes flashés recevront leur procès-verbal à domicile, et qu'ils pourront le payer dans l'une des branches de LibanPost.
Mesures dissuasives
et prévention
Faire de la sécurité de la route une priorité, la mesure est certes louable. À condition qu'elle dure. Que les considérations politiques ne prennent pas le dessus, comme à l'accoutumée, la reléguant à un rang de primauté de peu d'importance. Et que la vigilance des responsables ne baisse pas, notamment sur le terrain, ainsi que dans le centre de contrôle des infractions de la route.
Parce que cela n'est pas la première fois que de telles mesures sont prises pour tenter de diminuer le nombre des accidents de la route, dont « 70 % sont dus à des excès de vitesse », selon Fady Gebran, de l'association KunHadi.
Pour preuves, les verbalisations par à-coups au cours des deux dernières années par des unités d'agents mobiles, aidés de radars ambulants. Auxquels agents on a d'ailleurs reproché une présence inégale sur les routes de la capitale, une concentration sur certains axes nettement moins dangereux que d'autres, laissés, eux, sans surveillance aucune.
Et ce n'est pas non plus la seule mesure prise dans ce sens, on rappellera à ce sujet le port obligatoire de la ceinture de sécurité qui date de juin 2001, et qui a vu dans les 48 heures qui ont suivi cette réglementation une augmentation remarquable de l'utilisation de la ceinture, de 18 à 80 %.
Plusieurs fois, au cours des années qui ont suivi, le port obligatoire de la ceinture a été renouvelé, « 6 à 8 fois », selon M. Ziad Akl, fondateur de l'association Yasa, sans que cela ne devienne une condition sine qua none à la conduite d'une voiture. Ce dernier déplore que ce pourcentage « soit tombé à 15 % » aujourd'hui. Les raisons en sont simples : l'inconscience des automobilistes, qu'on pourrait imputer aussi à un manque d'éducation civique, et, surtout, le manque de surveillance et le laxisme des agents de la circulation.
M. Akl a loué « le sérieux » du ministre Ziyad Baroud, estimant cependant avoir besoin de quelque 2 ou 3 mois pour mesurer l'amélioration de la sécurité sur les routes. Mais le nombre des procès-verbaux recensés pour la seule journée d'aujourd'hui, 3 630, reste largement éloquent. Sans oublier le spectaculaire accident qui a eu lieu hier matin près du Casino du Liban et qui a fait deux blessés.
Justement, la limitation de la vitesse a toujours été l'un des objectifs premiers de
KunHadi, comme l'assure M. Gebran, qui, tout en rendant hommage au ministre Baroud regrette que le nombre de radars « ne soit pas plus important ». Pour lui, arriver à réduire de moitié le nombre des accidents de la route dus à l'excès de vitesse est un objectif qui « doit et qui pourrait être atteint », à condition d'y mettre les moyens conséquents.
En somme, tout le monde s'accorde à dire que la mesure prise depuis hier matin est certainement très bonne, mais qu'elle ne représente qu'une étape sur le chemin de la sécurité routière. Son succès est de plus conditionné par sa durabilité.
Il reste que les efforts conjugués de tous les agents de la circulation ne pourraient seuls arriver à faire régner l'ordre et la sécurité sur les routes. Ils doivent être confortés par des campagnes de sensibilisation et de responsabilisation incessantes, de mesures dissuasives cohérentes, soutenues à la base par une réelle éducation au civisme et au savoir-
conduire... et se conduire.
Pour sauver des vies.


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