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Liban

« L’heure est grave et l’histoire ne pardonne pas ! »

« L'heure est grave et l'histoire ne pardonne pas ! » Les Libanais sont appelés à « un sursaut national face au totalitarisme ». Deux des formules marquantes du communiqué final des assises chrétiennes tenues à Bkerké dont nous rapportons le texte intégral, lu par Amine Gemayel :
« Considérant le danger que courent la sécurité et la stabilité de la région ; considérant aussi celui qui menace la présence chrétienne en raison du refus d'Israël d'accepter l'instauration d'une paix juste et globale sur base des résolutions de la légalité internationale ; et considérant enfin la montée de l'extrémisme religieux dont les plus récentes victimes sont tombées dans une église de Bagdad, ce qui a poussé le pape Benoît XVI à convoquer un synode pour les Églises du Moyen-Orient ;
« Convaincus que la crise nationale aiguë qui secoue le pays ne se limite plus à quelques désaccords politiques, mais porte désormais sur les choix nationaux mêmes sur lesquels repose le Liban, du fait que des forces locales et régionales ont annoncé leur intention d'arracher le Liban à son milieu arabe et à la communauté internationale, et de le pousser contre son gré à prendre des choix en contradiction avec son histoire et son pacte national, ignorant ses institutions constitutionnelles et la volonté de la majorité des Libanais qui s'est exprimée lors des deux dernières consultations électorales ;
« Conscients du danger qui consiste à placer les Libanais devant le dilemme injuste et impossible d'avoir à choisir entre la justice et la paix civile, et à les forcer sous la menace des armes à abolir le tribunal international ;
« Réalisant que la République est aujourd'hui en danger du fait de l'aliénation à l'idée de l'État, du refus de s'en remettre à l'arbitrage des institutions et de la volonté de lier l'État à des conditions factionnelles qui en ont paralysé le fonctionnement ;
« Nous déclarons, nous les personnes réunies aujourd'hui, que le Liban, entité et régime démocratique ouvert au monde, est aujourd'hui en grand danger et que ce danger guette pareillement tous les Libanais, qu'ils soient chrétiens ou musulmans. Les chrétiens parce qu'ils craignent, à juste titre, qu'il leur arrive ce qui est arrivé à certains autres de leurs frères dans le monde arabe du fait de l'effondrement de l'État et de l'extension de l'extrémisme religieux ; les musulmans parce qu'ils redoutent, et à juste titre également, que la discorde qui s'est allumée dans certaines parties du monde arabe ne se transpose au Liban ;
« Nous invitons les Libanais, tous les Libanais qui croient au caractère définitif de leur patrie, à un sursaut national aux dimensions du défi qui leur est lancé de défendre le Liban : le Liban de la liberté et de la diversité face au totalitarisme ; le Liban souverain et indépendant face aux projets suivistes ; le Liban de la justice face à la répression et à l'arbitraire ; le Liban de la formule de coexistence unique en son genre face aux discordes confessionnelles et sectaires ; le Liban de l'État unifié face aux mini-États ; le Liban modèle à suivre dans son environnement arabe face aux projets visant à le transformer en un fer de lance contre le monde arabe ; le Liban fort capable, par l'union de son peuple et de son armée, grâce à l'appui de ses frères arabes et à celui de la légalité internationale, de faire face aux ambitions d'Israël.
« Nous appuyons le président de la République en sa qualité de chef de l'État et de symbole de l'unité nationale, et l'invitons à placer toutes les parties devant leurs responsabilités par l'application stricte de la Constitution ; nous l'invitons à mettre fin au dédoublement des armes, à restreindre la responsabilité de la défense nationale aux seules forces armées légales appuyées par le peuple. Nous l'invitons à confirmer le droit des Libanais à une patrie qui ne soit pas le théâtre permanent de guerres livrées au profit d'intérêts étrangers ou partisans, une patrie où l'État seul exerce la force armée, sans partenaire. Un État dont la souveraineté s'étend au territoire tout entier et à l'ensemble de la population. Nous l'invitons en outre à demander aux États arabes d'assumer leurs responsabilités de protéger le Liban de l'attaque dont il est l'objet et qui est de nature à porter atteinte à la stabilité de toute une région du monde arabe. Nous demandons enfin à la communauté internationale de remplir ses engagements à l'égard du Liban, surtout ceux que prévoient les résolutions 1701 et 1757.
« Nous invitons aussi nos compatriotes à agir avec nous pour sauver le Liban des dangers qui le menacent. Reprenons tous ensemble, chrétiens et musulmans, les paroles prononcées par les patriarches catholiques d'Orient : nous sommes responsables les uns des autres devant Dieu et l'histoire. Le salut du Liban, affirme le synode patriarcal maronite, ce sont tous les Libanais qui en jouiront ou aucun d'eux. Il n'existe pas de solution pour une seule communauté sans les autres, ni pour une communauté aux dépens des autres. Partant, il faut agir ensemble pour dépasser les susceptibilités confessionnelles ou sectaires qui se sont généralisées d'une manière sans précédent et nous protéger contre la répétition d'expériences dramatiques vécues tout au long de trois décennies. Et ce en revenant tous au giron de l'État, aux conditions de l'État et non à celles d'une communauté ou d'un parti.
« Enfin, nous invitons les chrétiens à rejouer le rôle qui fut le leur depuis la "Nahda" jusqu'à la bataille de l'indépendance qui fut déclenchée en 2000 avec le célèbre appel des évêques maronites, à nous placer à l'ombre des constantes nationales de l'Église et à assumer leurs responsabilités historiques à défendre l'entité libanaise. L'heure est grave et l'histoire ne pardonne pas. L'avenir du Liban est aujourd'hui entre les mains de chacun d'entre nous. »
« Considérant le danger que courent la sécurité et la stabilité de la région ; considérant aussi celui qui menace la présence chrétienne en raison du refus d'Israël d'accepter l'instauration d'une paix juste et globale sur base des résolutions de la légalité internationale ; et considérant enfin la montée de l'extrémisme religieux dont les plus récentes victimes sont tombées dans une église de Bagdad, ce qui a poussé le pape Benoît XVI à convoquer un synode pour les Églises du Moyen-Orient ;« Convaincus que la crise nationale aiguë qui secoue le pays ne se limite plus à quelques désaccords politiques, mais porte désormais sur les choix...
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