En outre, Washington a décidé d'envoyer au Yémen des experts pour améliorer la sécurité du fret aérien après la découverte de colis piégés en provenance de Sanaa. John Pistole, chef de l'Administration américaine de la sécurité des transports (TSA), a expliqué sur la chaîne CBS que ces experts auraient pour tâche de fournir une formation et des équipements aux agents de sécurité de l'aéroport de Sanaa chargés d'examiner le fret à destination des États-Unis. Cette mesure intervient trois jours après que deux colis piégés par el-Qaëda, selon les États-Unis, provenant de Sanaa et adressés à des lieux de culte juifs à Chicago, eurent été interceptés dans les aéroports de Dubaï et d'East Midlands, en Angleterre.
Selon Washington, les colis piégés ont été conçus par l'artificier d'el-Qaëda qui avait fabriqué une bombe pour l'attentat raté de Noël 2009 sur un vol Amsterdam-Detroit, Ibrahim Hassan al-Asiri.
John Pistole a précisé que l'aide apportée par les experts de la TSA servirait surtout après la levée de l'interdiction temporaire d'envoi de fret du Yémen vers les États-Unis, décidée par Washington après la découverte des colis.
Face à la menace sur le transport aérien, l'Allemagne a décidé d'interdire les vols passagers en provenance du Yémen. Elle a ainsi étendu l'interdiction qu'elle avait décidée dès samedi concernant les vols de fret, à l'instar de la France et de la Grande-Bretagne. Londres a par ailleurs étendu à la Somalie la suspension des vols fret.
Pour leur part, les autorités de Sanaa ont décidé de fouiller toutes les cargaisons quittant le pays et ont arrêté de nouveaux suspects. Les autorités yéménites ont libéré dimanche soir une étudiante arrêtée la veille, dont le numéro de téléphone figurait sur le bordereau des colis. Un responsable des services de sécurité a précisé qu'un des deux colis avait été envoyé par une femme qui a « usurpé l'identité » de Hanane al-Samaoui, et mis le numéro de téléphone de l'étudiante sur le bordereau. Le deuxième colis a été envoyé par un homme, a-t-il précisé.
Les autorités ont arrêté « de nouveaux suspects » et ont dans le même temps relâché une partie des employés des compagnies de transport aérien FedEx et UPS, arrêtés samedi. Certains employés demeurent néanmoins encore en détention et sont soumis à des interrogatoires, selon une source de sécurité. Les forces de sécurité yéménites avaient fermé samedi les bureaux de FedEx et UPS à Sanaa. La première acheminait le colis découvert à Dubaï, la seconde celui trouvé en Grande-Bretagne dans un avion-cargo de sa compagnie.
De plus en plus de responsables militaires et de l'administration Obama jugent nécessaire que certaines équipes des forces spéciales américaines chargées d'éliminer des insurgés au Yémen passent sous le contrôle de la CIA, a rapporté le Wall Street Journal dans son édition d'hier. À Londres, le nouveau chef d'état-major britannique, le général David Richards, a cependant estimé que le Yémen « ne doit » pas devenir un nouvel Afghanistan, où sont actuellement déployés plus de 150 000 soldats étrangers, écartant l'hypothèse d'une intervention militaire dans ce pays.
Par ailleurs, quatorze membres présumés d'el-Qaëda se sont rendus aux autorités du Yémen dans la province d'Abyane (Sud), a annoncé hier le ministère yéménite de la Défense. Une source proche du gouverneur a précisé que parmi ces quatorze personnes, cinq sont des chefs locaux d'el-Qaëda.

