À l'issue de près d'une semaine d'audience, le juge Geoffrey Vos a rejeté la demande d'Alstom. Il a estimé les arguments du groupe français insuffisants, ajoutant qu'il était « improbable » qu'il puisse l'emporter lors d'un procès sur le fond. « Accorder une suspension (de l'appel d'offres) serait injuste pour Eurostar et contre l'intérêt public », a dit le juge. Si l'injonction avait été accordée, elle aurait suspendu le contrat le temps qu'un jugement soit rendu sur le fond, c'est-à-dire pas avant 2011 « au plus tôt », et « cela aurait coûté cher à Eurostar » qui aurait été « privé d'un nouveau parc » ferroviaire, a-t-il ajouté. La décision de la Haute Cour est susceptible d'appel.
Dans une première réaction à l'AFP, un porte-parole d'Alstom a « pris note » du jugement, précisant que le groupe se réservait le droit de contester la décision en appel. Alstom avait déposé une plainte devant la Haute Cour de justice de Londres - ville où est basé Eurostar - pour obtenir la suspension de l'appel d'offres au terme duquel la compagnie transmanche a choisi dix nouveaux trains à grande vitesse Siemens pour quelque 600 millions d'euros. Le coup avait été rude pour Alstom, qui était jusqu'à présent l'unique fournisseur en trains à grande vitesse du groupe SNCF. Le groupe français avait porté l'affaire devant la justice en arguant notamment que les spécifications des trains voulus par Eurostar ne sont pas conformes aux normes de sécurité en vigueur dans le tunnel sous la Manche. Il estimait en outre la commande contraire aux règles européennes sur les appels d'offres.
Hier, le juge a estimé que Siemens avait « considéré l'appel d'offres avec beaucoup plus de sérieux qu'Alstom ». Le dossier de candidature de Siemens était « largement meilleur », a estimé le juge, qui a dit avoir de « sérieux doutes » qu'une éventuelle violation des règles des appels d'offres « ait pu faire une différence quelconque ».

