C'est pas très long l'amour. Ça a un début, un milieu et ça a surtout une fin. C'est probablement ce qui rend belles les histoires d'amour. C'est qu'elles ont toutes une fin. Qu'elles se terminent un jour. D'accord c'est compliqué quand il s'agit d'un mariage. Qui, lui, dure généralement un peu plus longtemps que ladite histoire d'amour. Embarrassante la situation. Et tellement fréquente. Alors, oui on écoute nos aînés nous répéter que l'amour se transforme avec le temps, qu'il devient tendresse, affection, complicité. Que c'est un amour différent, plus serein. Ouais, ouais, ouais. Sauf que ça manque de peps, de butterflies dans l'estomac, d'adrénaline et surtout d'endorphines... Peut-on réellement mesurer le temps d'un amour? Le quantifier? Le calculer? Le chiffrer? Bref, de déterminer la durée de vie d'un amour? C'est quasiment impossible. Difficile, très difficile d'y répondre...
Et si l'amour durait cinq minutes. En fait, même pas cinq minutes. Même pas une minute. L'espace d'un instant. Ces quelques instants furtifs où on a envie de dire «je t'aime». Où l'on sent ce truc inqualifiable et indescriptible qui vous prend aux tripes, fait trembler le corps, se hérisser les poils. Cet instant de grâce absolue où le temps s'arrête. Que le monde autour disparaît. Cet instant-là peut ne durer que l'espace de quelques secondes. Un regard dans le bleu de tes yeux. Un baiser langoureux ou arraché dans la voiture. Deux peaux qui se frôlent, qui se touchent. Et ces trois mots qui viennent se poser sur les lèvres. Des mots qu'on oubliera le lendemain. Un «je t'aime» qui n'a plus de sens, après... mais qui a bel et bien existé à ce moment-là. L'amour ne peut donc durer que quelques minutes. Et il est aussi sincère, aussi réel, aussi vrai que celui dont on pense qu'il sera une éternité. C'est peut-être ça l'amour. Cette magie attrape-cœur où tout bascule. Où tout est bousculé...
L'amour c'est donc un moment. Un unique ou une succession de moments. Peu importe, car c'est l'instant qui compte. Le temps d'une chanson, d'un film, d'un livre. Parce que tout est amour. Tout peut être amour. Un auteur, un livre, un tableau, un film, une œuvre d'art. Un chanteur, une actrice et les émotions qu'ils provoquent. Un slow. Un coucher de soleil. Un rêve. Une séance photo. Une soirée. Un repas... Et puis il y a les autres. Tous les autres. Tous ceux qu'on aime. Ceux à qui on le dit souvent. L'ami, la sœur, une mère, un grand-père, une tante. Un enfant bien sûr (mais là c'est éternel). Ceux à qui on ne le dit pas assez. Un collègue, une connaissance, un élève reconnaissant, quelqu'un qu'on ne connaît pas bien, mais qu'on aime. Comme ça. Sans grande raison. Parce que les «vibes» sont bonnes. Une esthéticienne, un coiffeur, le responsable d'un parking, un chauffeur de taxi. Ces gens qu'on croise. Qui sont beaux et à qui on ne le dit jamais. Ces gens qui vous décrochent un sourire, qui vous rendent une journée meilleure, qui vous font un compliment. Nous sommes devenus tellement pudiques vis-à-vis de nos sentiments que lorsque quelqu'un nous témoigne de l'amour, on est souvent surpris. Pourtant, chaque jour qui passe, il y a quelqu'un qui nous envoie un signe d'amour, un message d'amour, un symbole d'amour. On ne le voit pas, on ne le sent pas... C'est peut-être ça aussi l'amour. Une suite de «petites» et brèves amours. L'amour dure combien de temps alors? Le temps d'une chanson... Suffit de mettre «repeat».
Tout simplement parce que finalement c'est quoi l'amour?


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