Le capitaine de police, Didier Drevet, relève la grande prudence des élèves.
Le commissaire divisionnaire Marc Pasotti, attaché de sécurité intérieure près l'ambassade de France, et le capitaine de police Didier Drevet dressent un bilan de l'action menée la semaine dernière en milieu scolaire. Une action qui se situe dans le cadre d'un programme d'intervention financé par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et validé par l'Organisation mondiale de la santé, affirme M. Pasotti.
« Le but essentiel de cette action était moins de sensibiliser les adolescents que de montrer à nos confrères libanais la façon de procéder, explique Marc Pasotti. Car il s'agit essentiellement de leur mettre le pied à l'étrier », dit-il. Dix-neuf policiers libanais ont donc participé à cette action, qui s'est déroulée en langue française dans des écoles à programme français. « Un exercice difficile pour les moins francophones d'entre eux », observe-t-il, estimant qu'ils pourront, une fois leur formation achevée, intervenir en langue arabe auprès des élèves. « Nous les lâcherons progressivement », note-t-il à ce propos. Le commissaire Pasotti ajoute que préalablement à cette action dans les écoles, six officiers libanais ont suivi des stages de formation pédagogique en France et deux autres s'y rendront bientôt dans le même objectif.
Il précise aussi que dans le cadre du programme d'intervention, la MILDT finance la formation en France de magistrats libanais. « Ils y ont découvert le concept de réhabilitation des toxicomanes, tel que pratiqué en France », souligne-t-il. « Car le programme ne table pas uniquement sur la prévention et la sensibilisation, mais aussi sur le développement des soins et donc la mise en place de structures de désintoxication et de réhabilitation des toxicomanes », indique le commissaire, insistant sur l'importance de l'interministérialité pour faire avancer les choses.
Rebondissant, de son côté, sur les interventions des élèves, le capitaine Didier Drevet met l'accent sur leur grande prudence, liée peut-être à la présence de leurs enseignants. « À travers les questions qu'ils posent, nous sentons d'autres questions », affirme-t-il, évoquant les nombreux non-dits des adolescents. « Nous réalisons que certains sont déjà consommateurs de drogue ou sont en contact avec certaines substances », affirme-t-il. Il constate à ce propos une nette différence entre les élèves libanais et français, liée notamment au rapport entre la drogue et la sexualité.
A.-M. H.


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