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Moyen Orient et Monde - Birmanie

La junte évoque la libération de Suu Kyi après les élections

Un départ du généralissime Than Shwe, après le scrutin, serait improbable.

La Birmanie a indiqué que l’homme fort de la junte birmane, le généralissime Than Shwe, allait quitter la scène politique après les élections, mais cette perspective demeure très improbable, a estimé, hier à Hanoi, le chef de la diplomatie philippine. Christophe Archambault/AFP

La Birmanie a profité d'une rencontre avec ses partenaires asiatiques à Hanoi pour évoquer, pour la première fois de façon officielle, la possible libération de l'opposante Aung San Suu Kyi, dont la résidence surveillée s'achève en principe après les élections du 7 novembre. Le ministre birman des Affaires étrangères Nyan Win s'est expliqué sur le sujet mercredi soir au cours d'un dîner avec ses homologues de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), en marge d'un sommet dans la capitale. « Ce que nous comprenons, c'est que sa peine prendra bientôt fin », a indiqué Marty Natalegawa, ministre indonésien des Affaires étrangères. « Nous avons dit et répété que nous voulions la voir libérée. Nous continuons de penser qu'Aung San Suu Kyi peut faire partie de la solution. »
Deux responsables birmans sous le couvert de l'anonymat avaient indiqué à l'AFP fin septembre que la lauréate du prix Nobel de la paix serait libérée quelques jours après le scrutin, le premier depuis celui de 1990 remporté par le parti de la dissidente, la Ligue nationale pour la démocratie (LND, dissoute). L'un d'eux avait évoqué la date du 13 novembre, lorsque sa peine actuelle prendra officiellement fin, mais aucun haut responsable du régime de Naypyidaw n'avait encore confirmé publiquement cette hypothèse. Surin Pitsuwan, secrétaire général de l'Asean, a fait état d'une sortie possible dans les « dix jours » après les élections. « On nous a dit qu'il n'y avait pas d'autres raisons de la maintenir en résidence surveillée. Mais (...) ce n'était pas un engagement clair. »
La Birmanie pose, depuis son entrée dans l'Asean en 1997, des problèmes constants au bloc régional, tenu par sa sacro-sainte règle de non-ingérence dans les affaires intérieures de ses membres et accusé par l'Occident d'être inefficace face aux généraux. L'Indonésie et les Philippines, les deux pays les plus démocratiques de la région, expriment pourtant régulièrement leurs inquiétudes sur le processus électoral. « Il y a une impression de déficit de crédibilité, mais il n'est pas trop tard, selon nous, pour tenter de s'en occuper », a déclaré Marty Natalegawa. Un peu plus tard, le secrétaire philippin aux Affaires étrangères Alberto Romulo critiquait le refus de la junte de laisser entrer des observateurs pour le scrutin, mais jugeait inutile d'insister. « La question est de savoir si les élections seront crédibles si Aung San Suu Kyi et les autres (opposants) n'y participent pas. Ce ne sont pas les observateurs, c'est la participation de tous » qui importe, a-t-il estimé.
La « Dame » de Rangoun a vécu en résidence surveillée sans interruption depuis 2003 et pendant plus de 15 des 21 dernières années. En août 2009, elle avait été de nouveau condamnée à 18 mois supplémentaires de résidence surveillée, après l'intrusion en mai d'un Américain qui s'était invité en gagnant à la nage son domicile de Rangoun, situé sur les rives d'un lac.
En l'absence de la dissidente et de nombreux autres opposants détenus, les législatives sont considérées comme une mascarade en Occident, qui n'y voit qu'une manipulation des militaires pour légitimer leur confiscation du pouvoir. La Birmanie a néanmoins indiqué que l'homme fort de la junte, le généralissime Than Shwe, allait quitter la scène politique après les élections. « Je ne peux imaginer qu'après deux décennies pendant lesquelles il a tenu le pouvoir, il décide soudainement d'abandonner. Je ne peux pas y croire », a toutefois indiqué le secrétaire aux Affaires étrangères philippin Alberto Romulo. « Il a indiqué qu'il ne se présenterait pas aux élections. Mais vous savez qu'ils peuvent élire n'importe qui, même s'il ne se présente pas », a ajouté le Philippin.
L'avenir de Than Shwe a fait l'objet de multiples rumeurs ces dernières semaines, en particulier depuis le plus important remaniement de la hiérarchie militaire depuis des décennies, effectué il y a deux mois.
Plusieurs hauts responsables du régime ont abandonné l'uniforme pour pouvoir se présenter aux élections, dont le numéro trois Thura Shwe Mann. Mais Than Shwe a conservé son poste, laissant planer le doute sur ses intentions.
La Birmanie a profité d'une rencontre avec ses partenaires asiatiques à Hanoi pour évoquer, pour la première fois de façon officielle, la possible libération de l'opposante Aung San Suu Kyi, dont la résidence surveillée s'achève en principe après les élections du 7 novembre. Le ministre birman des Affaires étrangères Nyan Win s'est expliqué sur le sujet mercredi soir au cours d'un dîner avec ses homologues de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (Asean), en marge d'un sommet dans la capitale. « Ce que nous comprenons, c'est que sa peine prendra bientôt fin », a indiqué Marty Natalegawa, ministre indonésien des Affaires étrangères. « Nous avons dit et...
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