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France/retraites: le conflit s'essouffle, les jeunes dans la rue

Le gouvernement français voyait mardi des signes d'essoufflement dans le fort mouvement de contestation contre sa réforme des retraites qui doit être définitivement adoptée mercredi par le Parlement, en dépit de nouvelles manifestations des jeunes mardi et des salariés jeudi.
Après des semaines de tension, le conflit sur cette réforme, qui recule l'âge minimal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, en est à un "tournant", a affirmé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, saluant un "retour graduel à la normale".
Avant l'adoption du texte, mardi au Sénat et mercredi à l'Assemblée nationale, le gouvernement s'est félicité des points gagnés sur le front stratégique du carburant, dont les pénuries ont menacé de paralyser le pays.
Trois des douze raffineries françaises qui étaient toutes en grève depuis 10 ou 15 jours ont voté la reprise du travail. Amélioration aussi dans les dépôts de carburant, malgré le blocage de deux sites mardi matin: au total, une dizaine de dépôts (sur 219), rattachés aux raffineries en grève, restaient bloqués.
Lundi soir, 25% des stations-service connaissaient des problèmes d'approvisionnement, selon l'Union française des industries pétrolières (Ufip). Le ministre de l'Energie, Jean-Louis Borloo, a annoncé pour mardi quatre stations sur cinq "en état de fonctionnement", un objectif jugé cependant difficile à atteindre par l'Ufip.
Les pénuries de carburant ont pénalisé des secteurs de l'économie comme le tourisme, la chimie ou le bâtiment avec des pertes évaluées "entre 200 à 400 millions d'euros par jour" par le gouvernement.
Dans les transports, la mobilisation semblait aussi se tarir.
Plus de 9 trains à grande vitesse (TGV) sur 10 étaient prévus pour les liaisons Paris-province, 6 sur 10 pour les trains province-province. A l'international, des liaisons étaient encore annulées mais le service était normal vers la Belgique, la Grande-Bretagne et l'Allemagne.
Les éboueurs de Marseille ont également repris le travail mardi après 14 jours de grève. Près de 10.000 tonnes de déchets s'étaient accumulées dans les rues de la deuxième ville du pays (sud).
"Les derniers blocages (sont) derrière nous", a estimé le patron du parti de la majorité UMP (droite) Xavier Bertrand.
Même si "la grève s'effiloche" comme le titre le quotidien Libération (gauche), les syndicats tentent de maintenir la pression avant la promulgation de la loi, mi-novembre.
"Le mouvement n'est pas fini. Il continuera, il prendra d'autres formes (...) quels que soient les épisodes des prochains jours", a déclaré lundi soir le leader de la CGT (un des deux grands syndicats français) Bernard Thibault à la télévision France 2.
Mardi, en dépit des vacances scolaires pour les lycéens, jeunes et étudiants ont été appelés à se mobiliser. Entre 4 et 7 universités (sur 83) étaient perturbées et des rassemblements prévus dans plusieurs villes.
Jeudi, c'est à une nouvelle journée de grèves et manifestations que les salariés sont invités. Avant une autre journée d'action le 6 novembre.
Au plus fort de la mobilisation, mi-octobre, entre 1,2 et 3,5 millions de personnes sont descendues dans les rues pour réclamer une refonte de la réforme, jugée "injuste" par l'opposition et une large partie de l'opinion mais "indispensable" par le gouvernement étant donné l'allongement de la durée de la vie.
Plusieurs responsables socialistes ont plaidé pour une saisine du Conseil constitutionnel. Prenant plutôt acte de la fin de la bataille, leur ex-patron François Hollande a mis le cap sur la prochaine présidentielle espérant que la "rancune très forte" des Français "puisse trouver (...) sa traduction politique en 2012".
Au plus bas dans les sondages, le président Nicolas Sarkozy devait quant à lui très rapidement remanier son gouvernement. Il avait fait de cette réforme le symbole de sa volonté de changer le pays. Pour la faire passer, il aura dû traverser la crise la plus grave de son mandat.
Le gouvernement français voyait mardi des signes d'essoufflement dans le fort mouvement de contestation contre sa réforme des retraites qui doit être définitivement adoptée mercredi par le Parlement, en dépit de nouvelles manifestations des jeunes mardi et des salariés jeudi.Après des semaines de tension, le conflit sur cette réforme, qui recule l'âge minimal de départ à la retraite de 60 à 62 ans, en est à un "tournant", a affirmé la ministre de l'Economie, Christine Lagarde, saluant un "retour graduel à la normale".Avant l'adoption du texte, mardi au Sénat et mercredi à l'Assemblée nationale, le gouvernement s'est félicité des points gagnés sur le front stratégique du...