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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Blondes/Brunes

Tout le monde répète encore que les hommes préfèrent les blondes. Qu'ils fondent pour une décolorée en moins d'une seconde. L'exposition Brune/Blonde qui a lieu en ce moment à la Cinémathèque à Paris (et jusqu'en janvier 2011) fait parler tous les magazines. De mode, d'art ou culturels. La presse s'est emparée de cet éternel duel cinématographique. Un duel féminin sans précédent. Rien que l'affiche montrant Penélope Cruz avec la chevelure de Marilyn dit tout du contenu de cette expo. Au cinéma, on s'est longtemps penché sur la rivalité brune/blonde, cherchant à donner à l'une la profondeur, à l'autre la grâce (Kelly), les opposant de version manichéenne dans la conquête d'un homme (Vicky Barcelona, Diabolique, Mulholland Drive, Two Lovers, etc.)... L'adversité de deux femmes se devait d'être inscrite dans l'antagonisme de leur couleur de cheveux. On ne compte plus les fictions de mise en miroir du brun et du blond. Si au début des années 1920, le blond était synonyme de pureté et le brun de danger, en 1930, la donne a été inversée. On dit que L'Oréal y est pour beaucoup. Qu'en démocratisant la décoloration grâce à ses produits de grande consommation, le blond est devenu l'objet de désir absolu. Et qui dit désir, dit danger. Désormais, la brune sera aimante et vertueuse, la blonde incendiaire et vénéneuse. On a beaucoup utilisé cet antagonisme et chaque réalisateur a déliré sur le sujet. Jouant avec douceur ou perversion sur l'incarnation de la couleur. On a eu les blondes glaciales de Hitchcock, qui poussa le vice à son paroxysme dans Vertigo, où Kim Novak faisait succomber James Stewart dans deux incarnations, la blonde et la rousse (tiens ?), qui donnait à la blonde une nouvelle réinterprétation : la brune est la blonde. Ou dans Marnie, lorsque Tippi Hedren teint ses cheveux blonds de noir, tout comme Brigitte Bardot dans Le Mépris où Godard la cache sous une perruque couleur de jais. Paroxysme ultime de ce combat : la brune et la blonde deviennent amantes comme dans Mulholland Drive ou dans la scène du baiser des deux grandes héroïnes truffaldiennes dans Huit femmes de François Ozon : Catherine Deneuve et Fanny Ardant... Chacun trouvera en l'une ou l'autre de ces femmes un caractère précis. La blonde peut tour à tour être froide ou sexuelle, dangereuse ou douce. Quant à la brune, elle est à même d'incarner la sensualité ou la vertu, la folie ou la sagesse... Alors brune ou blonde ? La couleur de cheveux n'est pas uniquement un thème cinématographique. C'est un des grands questionnements féminins. Doit-on se teindre ou pas ? Du côté obscur ou clair de la force ou pas ? Et c'est le blond, bien sûr, qui est sujet à controverse. Car être brune est souvent naturel. Porter une couleur de cheveux est un statement. Être blonde est un statement. Les vraies blondes sont les fausses. Les décolorées, les peroxydées, les blondes platine. Ce sont elles l'image des blondes. N'est pas suédoise ou norvégienne qui veut. Une vraie blonde, à part dans les pays nordiques, ça ne se trouve pas en masse. Une vraie blonde, le cheveu couleur épi de blé, les cils délavés, les poils dorés, ça ne court pas les rues. Surtout au Liban. La Libanaise n'est pas blonde de nature. Elle l'est par choix. Certes, elle peut avoir une peau blanche, des yeux colorés, un duvet en guise de pilosité, son cheveu est rarement clair. La Libanaise est une décolorée. Elle a beau avoir la peau mate, le sourcil épais, le poil dru et les yeux noirs, la Libanaise aime être blonde. Ou très brune. Peu de rousses se battent au portillon, même si l'auburn est tendance. Julianne Moore et Florence (and the machines) ne sont pas les critères de beauté sur notre belle rive méditerranéenne. Le combat est ici, dans la rue. Et les hommes se tâtent. Ils aiment le style ibérique, la chaleur latine, ils succomberont un jour ou l'autre au charme légendaire d'une blonde incendiaire. Et même s'ils se tâtent, les hommes aussi joueront à JFK. Épousant Jackie O. et désirant Marilyn Monroe. Alors venimeuse la blonde et doux agneau brunette ? Rien n'est sûr. On peut être à la fois Penélope Cruz et Scarlett Johansson, Brigitte Bardot et Audrey Hepburn, Adjani et Deneuve. Demi Moore et Kim Basinger. Louise Brooks et Jean Harlow. C'est juste une question d'âme, de caractère, de state of mind. Mais le blond reste tout de même la couleur suprême. Faut pouvoir être blonde. Faut assumer surtout. Être la blonde de service. Objet de moquerie ou de désir. Être blonde... Je suis une vraie blonde, c'est-à-dire une fausse.
Tout le monde répète encore que les hommes préfèrent les blondes. Qu'ils fondent pour une décolorée en moins d'une seconde. L'exposition Brune/Blonde qui a lieu en ce moment à la Cinémathèque à Paris (et jusqu'en janvier 2011) fait parler tous les magazines. De mode, d'art ou culturels. La presse s'est emparée de cet éternel duel cinématographique. Un duel féminin sans précédent. Rien que l'affiche montrant Penélope Cruz avec la chevelure de Marilyn dit tout du contenu de cette expo. Au cinéma, on s'est longtemps penché sur la rivalité brune/blonde, cherchant à donner à l'une la profondeur, à l'autre la grâce (Kelly), les opposant de version manichéenne dans la...
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