"Entre 20 et 21%" des stations-service étaient toujours à sec vendredi matin, soit près de 2.600 sur 12.300, a déclaré le ministre de l'Energie Jean-Louis Borloo, qui a évoqué une "lente amélioration".
"On sécurise les autoroutes pour les fêtes familiales", a-t-il souligné à la veille des départs en vacances.
Une nouvelle réunion des principaux acteurs de la filière pétrolière (production et distribution), la deuxième depuis mardi, doit se tenir à partir de 11H00 à Matignon autour du Premier ministre François Fillon.
Jeudi après-midi, M. Borloo avait annoncé au Sénat que 2.790 stations-service étaient toujours en "arrêt ponctuel" en France par manque de carburant, contre près de 3.200 mercredi.
La situation restait particulièrement difficile vendredi en Seine-Maritime et dans le Rhône, selon le ministre de l'Energie, mais des points noirs subsistent aussi dans l'Ouest et en région parisienne.
"Le déblocage du dépôt de Grandpuits va très sensiblement améliorer la situation en Ile-de-France", a-t-il estimé.
La raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne), qui renferme un dépôt essentiel pour l'approvisionnement de la région, a été réquisitionnée tôt vendredi matin par la préfecture. L'accès a été dégagé vers 9H00 par des gendarmes, a constaté un journaliste de l'AFP, et trois membres du piquet de grève ont été légèrement blessés, selon la CGT
"Ce qui vient de se passer à la raffinerie de Grandpuits avec cette entrave à l'exercice du droit de grève va sans nul doute créer un électrochoc et notamment dans l'industrie", a dénoncé le coordinateur CGT du groupe Total, Charles Foulard.
Du côté du transport ferroviaire, la SNCF a annoncé une "nette amélioration" du trafic TGV vendredi, jour de départ en vacances, avec plus de huit trains sur dix, les perturbations sur les réseaux TER, Transilien et Corail restant au même niveau avec plus d'un train sur deux assuré.
La réforme des retraites pourrait être votée au Sénat dès vendredi après-midi. Jeudi, le gouvernement a tapé du poing sur la table et a eu recours à la procédure dite du "vote bloqué" pour accélérer l'examen des quelque 250 derniers amendements.
Elle sera votée "dans les heures qui viennent", a déclaré vendredi matin le ministre du Travail Eric Woerth. La réforme devrait être ensuite définitivement adoptée par le Parlement en milieu de semaine prochaine.
Les syndicats, relayés par les manifestations quotidiennes des jeunes, ont appelé jeudi à deux nouvelles journées de mobilisation, les 28 octobre et 6 novembre. En attendant, blocages et manifestations continuent un peu partout en France.
L'accès routier au Marché d'intérêt national (MIN) de Lomme, près de Lille, était bloqué par des manifestants vendredi matin et une opération escargot était en cours sur l'autoroute A22 depuis la frontière belge.
Près de Clermont-Ferrand, environ 500 personnes ont bloqué une plate-forme logistique à Cournon d'Auvergne.
Jeudi, entre 4.000 et 15.000 jeunes étaient descendus dans la rue dans plusieurs villes de France à l'appel des syndicats lycéens et étudiants UNL, Fidl et Unef.
Un total de 266 personnes ont été interpellées jeudi dans toute la France en marge des manifestations, portant à 2.257 le nombre d'interpellations, dont 1.677 gardes à vue, depuis le 12 octobre, selon le ministère de l'Intérieur. Au cours de la même période, 72 policiers ont été blessés.


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