Au cours d'une conférence de presse organisée hier, le ministre de l'Agriculture, Hussein Hajj Hassan, a expliqué les tensions inflationnistes par des facteurs externes et internes. Pour ce qui est de la viande, les prix mondiaux sont à la hausse en raison d'une baisse de la production dans certains pays, de l'ouverture de nouveaux marchés comme la Turquie, qui vient d'autoriser les importations pour couvrir ses besoins, et la hausse des prix des céréales et par conséquent des fourrages pour le bétail.
En ce qui concerne les produits agricoles, certaines récoltes ont été affectées par les changements climatiques, entraînant un déséquilibre entre l'offre et la demande au niveau mondial. Or le Liban importe près de 80 % de ses besoins.
La hausse des prix internationaux est toutefois largement amplifiée par le manque de concurrence sur le marché local et les marges abusives des commerçants, a souligné hier le ministre Hajj Hassan.
La tomate, par exemple, se vend quatre fois plus cher au détail qu'en gros, a-t-il affirmé.
Pour lui, il est évident que les commerçants profitent de la situation pour augmenter leurs bénéfices, d'où la nécessité de réactiver le décret plafonnant les marges de profit.
Rappelons qu'une commission composée des représentants des différents ministères concernés se réunira vendredi pour finaliser les détails.
Une fois le décret réactivé, la direction de protection des consommateurs relevant du ministère de l'Économie sera chargée de surveiller sa mise en application.
Le décret, qui date de 1972, avait été suspendu en 2006 par le ministre de l'époque, Sami Haddad. Son successeur, Mohammad Safadi, avait tenté de le réactiver une première fois en 2008, mais les commerçants avaient déposé un recours auprès du Conseil d'État qui a finalement tranché en leur faveur.

