Le mot « management » est officiellement accepté dans la langue française. Du « franglais », pensez-vous. Mais pas du tout. Le terme management vient du mot italien ancien « manegiarre », ce qui signifie : contrôler et garder la main (du latin manus, main). Un manager donc contrôle et garde la main. Le terme management vient également de la variante française « ménage », introduite au Moyen Âge et toujours bien présente aujourd'hui, signifiant à l'origine « gérer les ressources de la maison ». Un manager gère en effet les ressources de son entreprise. Plus précisément, il ménage les ressources, c'est-à-dire qu'il veille à la bonne utilisation et évite les gaspillages.
Selon le dictionnaire Larousse, « management » et « gestion » sont des synonymes purs et ont exactement le même sens. Larousse nous informe également que la gestion se compose de trois activités : administrer, organiser et diriger. Tout un programme. Administration serait également un synonyme de management. Pourtant, dans ce mot, on entend administration publique, synonyme de lourdeur et inefficacité bureaucratique. Oui, sauf que la bureaucratie consiste à organiser le travail avec des procédures et documents écrits de tout genre, ce qui permet de se souvenir du travail accompli. Formaliser par écrit est une tâche essentielle du bon manager. D'ailleurs, le diplôme phare convoité par un grand nombre de managers, confirmés et en herbe, est bel et bien le MBA, le Master of Business Administration.
Henri Fayol, en 1916, considéré comme l'un des fondateurs de la discipline, parlait aussi de « l'administration de l'entreprise ». Pour lui, un bon manager doit incarner cinq rôles : prévoir, organiser, coordonner, commander et contrôler. C'est trop pour un seul homme ou femme, surtout si l'entreprise grandit en taille ou se diversifie. Ainsi, les différents rôles attribués au manager se déclinent et se décomposent selon la place hiérarchique qu'il occupe.
Au sommet de la structure, il y a le dirigeant, le top manager, le Chief Executive Officer ou encore le leader. C'est le boss. C'est lui qui a l'autorité suprême. Son rôle consiste d'abord à prévoir où va l'entreprise en s'inspirant des évolutions futures de l'environnement économique. Il oriente et dirige. Puis, il organise le management des niveaux inférieurs en donnant des rôles aux uns et aux autres et en leur fixant des objectifs précis. Conformément aux principes de Fayol, il doit également contrôler si ces objectifs sont atteints. Ce n'est pas facile d'être le grand boss. Faut-il rappeler que parmi les 30 plus grandes firmes américaines qui ont composé à l'origine, à la fin du XIXe siècle, l'indice Dow Jones, 29 ont disparu ! À qui la faute ?
Aux couches intermédiaires de la structure d'une entreprise, il y a les middle-managers en charge des services fonctionnels comme le marketing management, le financial management, human resources management... Ils ont la responsabilité d'atteindre les objectifs fixés par le grand boss et pour cela, ils encadrent à leur tour d'autres collaborateurs de l'entreprise. D'où le terme français de « cadres ». Puis, au niveau des services opérationnels de l'entreprise, on retrouve les chefs : chef de cuisine, chef de chantier, chef de service... Conformément aux principes de Fayol, ils commandent une unité bien précise.
Vous l'avez compris, c'est un sacré travail d'être manager. Pas si sûr. Peter Drucker, le gourou du management, a écrit que « le bon manager fait son travail en laissant les autres faire le leur ». Un bon chef donc s'assoit et regarde les autres travailler. C'est confortable.
* Professeur à Bordeaux, école de management (BEM Bordeaux).
En coopération avec : l'ESA

