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Moyen Orient et Monde - Réforme

L’agitation sociale se radicalise en France

Manifestations massives, jeunes en colère infiltrés par des « casseurs », multiplication de blocages de centres nerveux de l'économie, l'agitation sociale s'est radicalisée hier en France contre le nouveau projet de retraites sur lequel le gouvernement reste toutefois inflexible.

À Paris, quelque 330 000 personnes ont manifesté hier contre la réforme des retraites.Miguel Medina/AFP

La situation sociale s'est envenimée hier en France avec la multiplication de blocages de centres nerveux de l'économie et la poursuite de l'agitation lycéenne, sur fond de nouvelles manifestations massives contre la réforme des retraites sur laquelle le gouvernement reste inflexible.
Pour la troisième fois en huit jours et la sixième depuis la rentrée, plus d'un million de salariés et de jeunes, quelles que soient les sources, ont défilé dans 277 villes - un nombre record, selon la CGT - à une semaine de l'adoption définitive du texte par le Parlement. Selon la CGT, ils étaient 3,5 millions, autant que lors du « pic » du 12 octobre, soit « un niveau exceptionnel » selon son leader Bernard Thibault. Mais ils étaient 1,1 million, selon le ministère de l'Intérieur (1,23 le 12). Le Premier ministre François Fillon en a conclu que le mouvement « plafonne, commence à s'essouffler » et, en même temps, « se radicalise ». M. Thibault, lui, a appelé une énième fois le gouvernement à « entendre l'ampleur de cette protestation » et à ouvrir « des négociations ».
Face à l'escalade, le président Nicolas Sarkozy a tenu une réunion pour organiser le déblocage des raffineries occupées par les salariés en grève et « garantir l'ordre public », tout en appelant chacun à la « responsabilité » devant les débordements. Selon M. Fillon, un « tiers des départements » sont touchés par des difficultés d'approvisionnement. Le gouvernement va donc préparer « un plan d'acheminement des carburants », a-t-il dit pour un retour à la normale d'ici « à 4 ou 5 jours ». Les entreprises commencent à tourner au ralenti car le personnel peine à se rendre au travail, surtout en zone rurale, selon la CGPME.
En outre, une série d'actions coup de poing ont provoqué le blocage momentané de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac durant deux heures, d'une importante plate-forme logistique près de Lille, d'une usine de transformation d'amidon dans le Pas-de-Calais, entre autres. À Vesoul (Haute-Saône), environ 400 personnes ont bloqué pendant deux heures la totalité des axes d'entrée et de sortie de la ville. À Brest, des manifestants ont occupé les voies ferrées. Chez les jeunes, très visibles dans les cortèges (un millier à Agen, selon la police, par exemple), la mobilisation va crescendo : 379 lycées étaient perturbés, tandis que la grève était votée dans plus d'une dizaine d'universités. Des affrontements se sont à nouveau produits devant un lycée de Nanterre. Les syndicats étudiants et lycéens ont appelé à une « journée de mobilisation nationale des jeunes », demain. À la SNCF, la grève a été plus suivie que la veille (de 30,4 % à 42,68 % selon les sources). Mais moins que le 12 octobre, tout comme dans la fonction et les entreprises publiques (15,3 % à EDF).
Dans plusieurs grandes villes, les manifestations ont atteint des records, selon la police : 26 000 à Rennes (50 000 selon la CFDT), 35 000 à Toulouse (155 000), 15 000 à Grenoble (80 000). À Paris, les manifestants étaient aussi nombreux que le 12 selon la CGT (330 000 personnes), 22 000 de moins selon la police (67 000).
Des incidents, faisant quelques blessés légers, ont eu lieu en marge de défilés : cinq à six magasins pillés à Lyon, heurts au Havre, Lorient, Limoges entre manifestants et forces de l'ordre. Mais l'humour était aussi au rendez-vous. « Les vieux au boulot et les jeunes au bistrot, NON. Les jeunes au turbin, les vieux au jardin, OUI », lisait-on sur la pancarte de jeunes à Auch.
Les syndicats, qui se réunissent demain, sont confrontés maintenant à un casse-tête, avec le vote imminent du Sénat combiné aux vacances de la Toussaint dès vendredi. Il faut trouver « une autre réponse », a estimé le numéro un de la CFDT, François Chérèque. Pour Jacques Voisin (CFTC), il faut « trouver les conditions d'une mobilisation maximum » après les vacances. « Une fois votée, la réforme restera injuste », renchérit la FSU. Seule la CFE-CGC, qui ne veut « pas cautionner les dérapages », propose une « pause ». Face au blocage, l'opposition a appelé le pouvoir au dialogue avec les syndicats. « Tous les blocages actuels peuvent être arrêtés par la décision d'une seule personne, le président », a déclaré l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius.
Enfin, selon le sondage Viavoice pour le quotidien Libération, la fermeté de M. Sarkozy face aux grèves et aux manifestations est désapprouvée par 65 % des Français, 32 % étant d'un avis contraire. Les deux tiers des Français (67 %) approuvent les grèves et manifestations, 30 % étant d'un avis inverse, tandis que les opinions sur les mobilisations des élèves et des étudiants sont plus partagées : 51 % les approuvent, 47 % les désapprouvent.

La situation sociale s'est envenimée hier en France avec la multiplication de blocages de centres nerveux de l'économie et la poursuite de l'agitation lycéenne, sur fond de nouvelles manifestations massives contre la réforme des retraites sur laquelle le gouvernement reste inflexible.Pour la troisième fois en huit jours et la sixième depuis la rentrée, plus d'un million de salariés et de jeunes, quelles que soient les sources, ont défilé dans 277 villes - un nombre record, selon la CGT - à une semaine de l'adoption définitive du texte par le Parlement. Selon la CGT, ils étaient 3,5 millions, autant que lors du « pic » du 12 octobre, soit « un niveau exceptionnel » selon son leader Bernard Thibault. Mais...
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