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Liban - Diplomatie

Les surprises du dimanche : Assad à Riyad et Feltman à Beyrouth

Pour le diplomate US, Ahmadinejad devrait s'inspirer du pluralisme et de la démocratie qui règnent au Liban...

Au menu des discussions : la situation au Liban bien sûr, mais aussi le vide politique persistant en Irak. Photo AFP / SPA

À peine Mahmoud Ahmadinejad a-t-il quitté Beyrouth que c'est le branle-bas de combat - pendant que le discours enflammé de Bint-Jbeil du président iranien continue de résonner dans plus d'un tympan... Une effervescence pluridimensionnelle (arabo-arabe et américano-libanaise) que personne n'avait prédit, puisqu'aussi bien la visite de Bachar el-Assad à Riyad que celle de Jeffrey Feltman à Beyrouth, toutes deux extrêmement brèves, ont surpris tout le monde, ou presque.
C'est à l'aéroport de Riyad que le roi Abdallah d'Arabie saoudite a axé sa réunion avec le président syrien sur les tensions au Liban liées à la prochaine publication de l'acte d'accusation du Tribunal spécial (TSL) chargé de juger les assassins de Rafic Hariri et de ses camarades - sachant que les deux hommes ont naturellement évoqué la situation palestinienne et le vide politique persistant en Irak, où les divergences saoudo-syriennes sont bien moindres qu'au Liban, Damas et Riyad ne voyant pas d'un bon œil une superdomination de Téhéran qui les affaiblirait tous deux.
Selon des informations recueillies par L'Orient-Le Jour, Bachar el-Assad a souhaité, de par sa présence très officielle à Riyad, la deuxième cette année, envoyer deux signaux : le premier au souverain wahhabite pour lui faire comprendre que l'équation S-S n'est aucunement obsolète et que la Syrie « continue de contrôler » la situation au Liban-Sud, et le deuxième aux Américains pour leur expliquer qu'il est encore debout aux côtés du roi Abdallah pour contenir « l'extrémisme » de Mahmoud Ahmadinejad.
Lesquels Américains, justement, ont tenu à dépêcher en moins de 24 heures à Beyrouth leur secrétaire d'État adjoint chargé du Proche-Orient, Jeffrey Feltman.
« Nous pensons qu'il faut laisser le TSL achever son travail selon le calendrier qu'il s'est fixé et sans intervention extérieure, jusqu'à ce que les responsables soient déférés devant la justice », a-t-il déclaré devant la presse à l'aéroport international Rafic Hariri. « Je crois que tous ceux qui représentent des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU comprennent que le travail du tribunal, à ce stade, ne sera pas arrêté ; le TSL poursuivra sa tâche et le président Obama soutient cela d'une façon extrêmement tranchée », a encore martelé l'ancien ambassadeur US à Beyrouth. « Nous ne savons pas à quel moment l'acte d'accusation sera rendu public et nous n'avons pas à savoir cela », a-t-il encore dit, démentant toute magouille qui se ferait au détriment du TSL.
Jeffrey Feltman est arrivé à Beyrouth porteur d'une missive du président américain Barack Obama à l'intention de son homologue libanais Michel Sleiman. Ce dernier a été assuré du « total et absolu » soutien des USA « à la souveraineté et à l'indépendance du Liban et face à n'importe quel effritement de l'État. Les États-Unis sont déterminés à aider le Liban à renforcer ses institutions », sur les plans sécuritaro-militaire et économique, a-t-il ajouté, expliquant qu'un Liban « vivace, fort et maître de lui-même » est indispensable aussi bien pour le peuple libanais que pour ceux de la région, les États-Unis ou la communauté internationale. « Je reviens d'Arabie saoudite et d'Égypte où j'ai entendu le même discours officiel sur l'indispensable soutien au Liban », a-t-il encore ajouté, reconnaissant néanmoins qu'« en ce moment », les tensions s'y multiplient...
Interrogé sur le déplacement en terres libanaises du président iranien, Jeffrey Feltman a tenu à rappeler que le Liban est un pays « souverain et indépendant ; cette affaire concerne l'Iran et le Liban et je laisse aux Libanais le soin d'évaluer cette visite. Sauf qu'en tant qu'Américain, je tiens à relever le pluralisme et la dynamique démocratique qui prévalent au Liban et je souhaite que le président iranien ait appris quelque chose à ce niveau-là durant sa visite », a-t-il indiqué.
Signalons que Jeffrey Feltman s'est également entretenu, loin des caméras et des appareils photo, avec le chef du PSP Walid Joumblatt. Il a également pris contact au téléphone avec le chef des Kataëb, Amine Gemayel, ainsi qu'avec le chef des Forces libanaises, Samir Geagea.
À peine Mahmoud Ahmadinejad a-t-il quitté Beyrouth que c'est le branle-bas de combat - pendant que le discours enflammé de Bint-Jbeil du président iranien continue de résonner dans plus d'un tympan... Une effervescence pluridimensionnelle (arabo-arabe et américano-libanaise) que personne n'avait prédit, puisqu'aussi bien la visite de Bachar el-Assad à Riyad que celle de Jeffrey Feltman à Beyrouth, toutes deux extrêmement brèves, ont surpris tout le monde, ou presque.C'est à l'aéroport de Riyad que le roi Abdallah d'Arabie saoudite a axé sa réunion avec le président syrien sur les tensions au Liban liées à la prochaine publication de l'acte d'accusation du Tribunal spécial (TSL) chargé de juger les...
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