« Liban, terre légendaire qui se reconstruit » : spécial Liban réalisé par l’organisme de promotion mexicain Protocolo www.protocolo.com.mx
Une communauté forte et unie
Le temps est aujourd'hui venu d'entreprendre des initiatives culturelles et économiques de longue durée, se basant sur l'une des communautés libanaises les plus actives qui se caractérise par son unité, et dont les membres sont estimés à 400 000. Bien intégrée depuis quatre générations, elle participe avec ferveur au développement du Mexique et compte parmi elle les plus grandes fortunes du pays. La visite à Mexico du président de la République, Michel Sleiman, du 26 au 28 septembre dernier, a ainsi donné lieu à des rencontres au cours desquelles de nombreux hommes d'affaires libano-mexicains ont exprimé leur volonté d'établir des ponts avec le Liban.
Le Liban est bien présent
Le Liban est toujours là, bien présent au fond de chacun : quelques mots d'arabe enseignés par les anciens ou dans le pays d'origine pour ceux ayant déjà eu l'occasion de s'y rendre ; des recettes de cuisine libanaise agrémentant les savoureux repas mexicains; des chaînes de télévision libanaise diffusant par satellite la dure réalité vécue par les familles restées au pays, toujours aussi divisé et désordonné ; et surtout de grands clubs libanais répartis dans les grandes régions du Mexique où les Libanais et leurs amis mexicains se réunissent quotidiennement au petit déjeuner ou à d'autres moments de la journée pour discuter et pratiquer des activités sociales et sportives.
La bataille de l'émigration
Droits bafoués de la femme libanaise qui ne peut donner la nationalité à ses enfants, des milliers de demandes de naturalisation bloquées depuis cinquante ans dans les couloirs de l'administration libanaise, le vote interdit à partir de l'étranger pour les rares détenteurs du passeport libanais : la situation des descendants de Libanais au Mexique, comme partout dans le monde, est loin d'être idéale et mérite une attention particulière de la part du gouvernement libanais. Sans oublier le manque de photos, de livres et autres matériels audiovisuels, et surtout la vacance de dizaines de postes d'ambassadeur et de consul du Liban, les nominations tardant à être effectuées par le ministère des Affaires étrangères en proie aux divisions.
Également omniprésente, la volonté des ennemis du Liban de diviser l'Union libanaise culturelle mondiale (ULCM), depuis sa création il y a cinquante ans, dans le but de maintenir certains émigrés comme ceux d'Afrique notamment sous la coupe des partis politiques galvanisés par des puissances étrangères. Fort heureusement, au Mexique, comme dans toute l'Amérique latine et du Nord, en Australie et en Europe, l'ULCM s'est libérée il y a dix ans, se ressoudant autour d'actions bénéfiques pour le Liban et l'unité de son peuple.
Message aux députés
Anwar Khoury, l'un des hommes éminents de la communauté libanaise, ancien président du Centro Libanés (1972-73) et de l'UCLM (1993-1994) se souvient : « Au début des années 1990, je retournais au Liban avec une délégation libano-mexicaine, et plusieurs députés nous ont regardés de haut, nous considérant comme des fils de paysans. Je leur dis alors : Vous savez, les paysans sont morts aujourd'hui, ils ont travaillé comme des fous pour nous donner l'éducation que nous avons. Et nous avons su construire dans chaque ville, dans chaque pays, un petit Liban uni et propre, alors que vous, vous continuez à vous débattre dans votre Liban divisé plus que jamais. »
Un avenir brillant pour le Liban
Les associations de jeunes sont là pour témoigner de ce que sera le Liban de demain. Preuve en est la « Jomali » (Jóvenes mexicanos de ascendencia libanesa), œuvrant depuis 1982 sous la supervision du charismatique « Papi » Antoun Nakad, qui prépare sa rencontre traditionnelle qui aura lieu cette année à Puebla, du 29 octobre au 2 novembre, avec la participation de plus de trois cents jeunes venus de toutes les régions du Mexique. Le Club libanais de Puebla, dont la cuisine est renommée dans tout le pays, sera pour l'occasion décoré aux couleurs du bicentenaire du Mexique, avec dans le hall principal une grande exposition de photographies du Liban.
Les jeunes libano-mexicains ne manqueront pas de souligner leur attachement à la mère patrie pourtant distante de 12 000 kilomètres et annonceront leur programme pour l'année 2011, avec en priorité l'organisation d'un camp de vacances l'été prochain dans la montagne libanaise pour apprendre l'arabe et découvrir le pays de leurs ancêtres. Si l'on ajoute à cela les multiples visites d'échanges universitaires et d'affaires projetées par des membres influents de la communauté à Beyrouth et dans tout le Liban, l'expérience mexicaine, qui servirait d'exemple pour le Brésil, l'Argentine et d'autres grands pays de l'émigration libanaise, aura prouvé par sa réussite que, malgré toutes les tentatives de déstabilisation dont il fait l'objet, le Liban, avec son message pacifique, est plus que jamais solidement ancré, à l'image de ses cèdres millénaires, dans un monde en pleine ébullition.


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