Le ministre de l’Information, Tarek Mitri : « Le Liban est une plate-forme régionale et un espace de dialogue pour l’ensemble des pays arabes. » Photo Dalati Nohra
Ce forum, qui prendra fin aujourd'hui, a permis au secteur privé de la région du Moyen-Orient d'effectuer, d'une part, un bilan général de la conjoncture postcrise, et de se pencher, d'autre part, sur les opportunités et les obstacles rencontrés par les différents secteurs d'activité. Bien entendu, la récession était au cœur des préoccupations, et les divers intervenants en provenance du Liban, d'Arabie Saoudite ou encore de Jordanie ont mis l'accent sur la nécessité d'encourager les investissements au sein du secteur privé, de soutenir les petites et moyennes entreprises (PME), de consolider les relations interarabes ou encore d'améliorer l'environnement des affaires. Le sujet du chômage, très important dans certains pays de la région, a également été abordé, notamment par le président du Forum économique libanais, Rafic Zantout. « Les pays arabes doivent créer des opportunités de travail (...) pour les quelque 25 millions de chômeurs disséminés dans le monde arabe », a-t-il ainsi insisté. Le président de l'Union des hommes d'affaires arabes, Hamdi Tabbah, a appelé en outre à investir dans l'infrastructure « pour une meilleure circulation des biens et de la main-d'œuvre », ce qui aura des conséquences positives directes sur la productivité des pays qui s'engageront dans cette voie, a-t-il affirmé.
Même si la crise a aggravé les problèmes présents dans les pays arabes, notamment au niveau du secteur financier, et qu'elle continue aujourd'hui de peser sur le contexte mondial, il est aujourd'hui temps de tirer des leçons et d'agir. Tel était, en substance, le discours tenu par la majorité des intervenants, dont le président exécutif du groupe de la National Bank of Kuwait, Ibrahim Chucri Dabdoub, ou encore le ministre Tarek Mitri. Ces derniers se sont montrés optimistes, mettant en avant les perspectives offertes par la création de la future zone de libre-échange entre le Liban, la Syrie, la Turquie ou la Jordanie, projet qui devrait renforcer la coopération entre les pays de la région. Il convient de rappeler à cet égard que les échanges et les investissements interarabes demeurent faibles, malgré l'évolution positive qu'ils ont connue au cours des dernières années. En effet, les exportations interarabes ont représenté, fin 2009, moins de 6 % de l'ensemble des exportations arabes (85 milliards de dollars), tandis que les investissements interarabes, en net progrès, ont atteint 34 milliards de dollars en 2008 - un niveau toujours inférieur aux investissements directs étrangers (IDE) arabes à l'étranger.

