Dans l'Israël biblique, la circoncision constituait un rite prénuptial pour être conçue par la suite comme acte de purification spirituelle ayant pour but de brider la sexualité. Elle deviendra périnatale : chez les Juifs, la circoncision est obligatoire et doit se faire au huitième jour. Elle est signe, révélateur d'un ethos social, culturel et religieux ; elle permet de la sorte d'acquérir une identité. Les Grecs et les Romains eux la considéraient comme une mutilation barbare. Le Coran ne la mentionne nulle part. Il s'agirait davantage d'une pratique des musulmans que de l'islam. Chez les chrétiens, Paul met en avant le concept de circoncision du cœur.
En réalité, dans l'histoire récente, la circoncision est devenue une sorte de mode médicale, venue des États-Unis, qui a culminé dans les années soixante-dix. Ce concept remonte à un ou deux siècles auparavant, à l'époque où l'on considérait la masturbation comme source de toute maladie : la circoncision devait servir à lutter contre ce fléau. Pendant plus d'un demi-siècle en tous cas, elle fut en quête d'un mal à soigner...
Ni les maladies vénériennes, ni le cancer de la prostate, ni le sida ne sont « prévenus » par la circoncision, démontre le Pr Tomb. Il s'agit tout simplement d'une façon d'intégrer les hommes dans une communauté. Dans ce sens, le principe de bienfaisance est respecté. Autrement il ne l'est pas, vu le retentissement psychologique et sexuel sur le nouveau-né, dont le principe d'autonomie (le libre consentement) et d'intégrité corporelle ont été bafoués. On voit donc ici les effets du communautarisme. Mais plutôt que de condamner et d'interdire, le Pr Tomb invite à adopter une éthique de responsabilité.


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