Au Kirghizstan, les urnes peuvent être livrées à domicile pour les personnes âgées ou incapables de se déplacer vers les bureaux de vote. Cela, bien entendu, sous la supervision de membres de la commission électorale. Vladimir Pirogov/Reuters
« Le vote pour les législatives s'est achevé au Kirghizstan à 20h00, tous les bureaux ont fermé », a indiqué la commission électorale. « Des résultats partiels seront connus le 11 octobre (aujourd'hui) », a ajouté la commission qui a indiqué que la participation avait été de 43,27 %. Les résultats définitifs seront rendus publics dans deux ou trois jours, a indiqué un membre de la commission, Abdysamat Baïalinov.
« C'est une journée historique pour le Kirghizstan », avait estimé hier matin la présidente par intérim Rosa Otounbaïeva, après avoir glissé son bulletin dans l'urne. Mme Otounbaïeva a été placée à la tête du pays jusqu'au 31 décembre 2011 à la suite du soulèvement sanglant (87 morts) qui a renversé en avril le président Kourbanbek Bakiev, au pouvoir depuis 2005.
Ex-république soviétique très pauvre, mais située à un point stratégique qui lui vaut d'accueillir des bases militaires tant russe qu'américaine, ce pays de 5,3 millions d'habitants sort d'une longue période d'instabilité, marquée aussi par des heurts ethniques dans le Sud qui ont fait entre 400 et 2 000 morts, selon les sources. Une nouvelle Constitution a été adoptée en juin, qui supprime le système présidentiel, en vigueur dans les autres pays de la région, au bénéfice du Parlement. Cette réforme a été saluée par les États-Unis mais vertement critiquée par la Russie dont le président Dmitri Medvedev estime qu'elle favorise l'extrémisme et la dislocation du pays. Pays le plus volatile de la région qui a connu deux révolutions en cinq ans, le Kirghizstan peine à retrouver la stabilité et ce scrutin a fait craindre de nouvelles violences.
Selon des sondages, au moins six partis ont une chance de passer la barre des 5 % nécessaires à une entrée dans le Parlement de 120 sièges dont deux partis de centre-gauche soutenant le gouvernement intérimaire, le parti Ata-Meken et le Parti social-démocrate du Kirghizstan (SDPK).

