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CD, DVD - Un Peu Plus De...

Association de malfaiteurs

Il n'y a pas à dire, nous avons au Liban des codes sociaux assez surprenants. Des attitudes et des comportements que l'on retrouve certes ailleurs parfois, mais qui sont particulièrement exacerbés dans notre petit pays. Comme si pour des raisons que l'on connaît (on est dans un système communautaire après tout) et d'autres que l'on ignore, il fallait qu'on brûle la vie par les deux bouts. Il fallait que l'on fasse tout de manière excessive, que l'on passe à la puissance 1 000 nos états d'âme et nos habitudes. Et pour pouvoir aller de l'avant dans ce mégatrip de tous les extrêmes, faut être plusieurs. Plusieurs à se refaire la façade. À se payer une nouvelle paire de seins. À oser les shoes à plate-forme de 15 cm. À s'offrir une Ducati. À aller voir U2 ou à faire la fête à Mykonos... Étonnant concept que celui-ci quand même. Le groupe. Surprenant combien le Libanais aime l'effet de communauté. Combien il se sent rassuré quand il est avec sa meute. Il a sacrément besoin d'être entouré. Et cela va au-delà de tout entendement. Au-delà des frontières. Cela va jusqu'au sein de son intimité, jusqu'à l'intérieur de son couple... L'appartenance est au groupe. On est de ce groupe. On évolue avec lui, on move » pas sans lui, on dîne avec lui. Et ce n'est pas une tendance ou un acte de jeunesse, un trip d'adolescents. Non. La « bouta », c'est un concept qui traverse le temps, qui est propre à toutes les générations. Probablement parce que c'est ainsi qu'on a été élevé. On fonctionne en tribu. Y'a des chefs, une hiérarchie, des codes de conduite, même si personne ne l'admet. Au sein de la tribu, il y a le maillon fort, celui qui unit les membres, qui a fait en sorte que tous soient potes, que tout ce petit monde gravite autour de lui. Copains d'enfance, de classe, équipe de foot, collègues de bureau ou voisinage. Viennent se greffer ensuite les époux et les compagnes, et de nouvelles amitiés se créent. C'est beau une clique. C'est amusant, rassurant, sécurisant. Mais pas tout le temps. Parce qu'aussi étrange soit-il, même quand le groupe étouffe, on ne peut pas s'en passer. Et c'est là que le phénomène devient malsain. Tout le monde sait tout sur tout le monde et surtout tout le monde donne son avis sur tout le monde. D'intime il ne reste plus grand-chose. Tout se décide à plusieurs. Sans limite aucune ni même (fausse) pudeur. Phénomène d'autant plus surprenant que tout le monde se plaint d'être envahi ou d'avoir des amis un peu trop intrusifs. Allez comprendre pourquoi malgré toutes les meilleures volontés de la terre de protéger sa vie privée, son cocon, son micro-univers, on n'arrive pas à se passer de son clan... C'est comme si c'était plus fort que nous, que tout. On se meut en troupeau. On voyage en troupeau. On dîne en troupeau. Pas de répit. Ni de vacances. Les vacances, on les passe ensemble. L'idée du dépaysement, de la coupure, existe peu. Les Maldives en amoureux? Oui en amoureux à plusieurs. Une espèce de grande partouze... sans sexe. Mykonos? On y a va tous au moment où il y a la plus grande concentration de Libanais. On le déplore. Pfffft, j'ai croisé flén, fleytén... Oui, enfin fallait pas y aller à Mykonos. Surtout en plein été. On monte à Faraya? Tous ensemble. On attend que X puisse, que Y se décommande, que Z revienne de Turquie. Tiens la Turquie. Depuis qu'on n'a plus besoin de visa pour y aller, c'est la destination préférée des Libanais. Pour voir U2 par exemple. Ça a été un des plus grands gathering Libanais extra-muros... Le Libanais aime sa clique. Tellement que lorsqu'il est invité à dîner, à une soirée, il reste avec. Personne ne « mingle » au Liban. Personne ne sait vraiment comment faire. On ne mélange pas les torchons et les serviettes. On ne se mélange pas. On dit bonjour/bonsoir. On échange quelques politesses et on revient dare-dare vers sa bande. Et le lendemain on va dîner à 15, sans vraiment se parler, ni s'entendre, mais on est tous ensemble... Si quelqu'un se décommande, c'est le drame : aurait-il été happé par un autre groupe? Serait-il/elle la brebis galeuse ? Wou, le/la traître. Bannissement total. Fini le groupe pour lui/elle. Sans chercher à savoir si c'est pour une autre fratrie qu'il/elle est parti(e) ou si c'est pour être seul(e)... tout simplement. Ça coûte cher la liberté. L'indépendance, l'individualité. Ça coûte très cher.
Il n'y a pas à dire, nous avons au Liban des codes sociaux assez surprenants. Des attitudes et des comportements que l'on retrouve certes ailleurs parfois, mais qui sont particulièrement exacerbés dans notre petit pays. Comme si pour des raisons que l'on connaît (on est dans un système communautaire après tout) et d'autres que l'on ignore, il fallait qu'on brûle la vie par les deux bouts. Il fallait que l'on fasse tout de manière excessive, que l'on passe à la puissance 1 000 nos états d'âme et nos habitudes. Et pour pouvoir aller de l'avant dans ce mégatrip de tous les extrêmes, faut être plusieurs. Plusieurs à se refaire la façade. À se payer une nouvelle paire de seins. À oser les shoes à plate-forme de...
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