L'ex-maire de Moscou rappelle la réaction du président russe à la proposition qu'il avait faite de revenir à l'élection directe des chefs des régions actuellement nommés par le Kremlin : « Vous avez dit alors : ceux qui ne sont pas d'accord doivent partir. » Il rappelle également une récente déclaration du président sur la démocratie, au forum de Iaroslavl : « Ceux qui ne sont pas d'accord doivent passer dans l'opposition » et la compare avec la phrase : « Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous », régulièrement utilisée par le régime stalinien.
En évoquant ce slogan et l'année 1937, qui renvoie sans équivoque aux pratiques staliniennes, M. Loujkov accuse implicitement le président Medvedev de suivre la même voie. Il assure en outre qu'une émission de la chaîne moscovite TVTs qui apportait son soutien au maire a été « interdite d'antenne par le Kremlin ». « Ce n'est rien d'autre que de la censure », a-t-il estimé.
Le président Medvedev « a pris connaissance » de cette lettre, mais son contenu ne pouvait « pas influencer le cours des choses », a déclaré la porte-parole du Kremlin Natalia Timakova. M. Loujkov, qui a été souvent accusé par les médias d'avoir créé à Moscou un système autoritaire dont se serait inspiré ensuite Vladimir Poutine pour l'étendre à toute la Russie, ne mentionne à aucun moment l'homme fort du pays dans sa diatribe.

