L’économie planifiée s’est détériorée puis effondrée avec l’assèchement de l’aide et des relations commerciales avec le bloc soviétique. Ian Timberlake/AFP
Le visiteur promené en bus dans les environs de Pyongyang peut apercevoir plusieurs potagers. À côté des routes, devant un restaurant réservé aux étrangers, entre deux arbres le long de l'avenue menant à l'aéroport. Des gens pêchent dans les rivières. Un homme chargé de bois traverse un quartier mi-urbain, mi-campagne, où des chèvres et des vaches paissent à côté d'une rizière.
D'autres passants portant de gros sacs sur le dos quittent la ville et marchent le long de « l'autoroute du jeune héros », l'une des quatre autoroutes du pays. Les bas-côtés sont la partie la plus encombrée de l'avenue à dix voies, car les bicyclettes sont bien plus nombreuses que l'occasionnel minibus local qui transporte des passagers vers la ville de Nampo, à 50 km au sud-ouest de Pyongyang. « Notre pays manque de pétrole. Nous faisons de notre mieux pour l'économiser, c'est pour cela que vous ne trouvez pas beaucoup de voitures », explique un guide.
Les visiteurs étrangers ne sont pas autorisés à se déplacer sans accompagnateur officiel en Corée du Nord. Les guides rendent difficile la visite dans un magasin et arguent du manque de temps pour refuser de se rendre dans un marché local d'État pourtant décrit comme « très populaire ». Des magasins « officiels » se trouvent au rez-de-chaussée de beaucoup d'immeubles. Certains ont des vitrines, où l'on devine, à travers les vitres du bus, des chaussures, des vêtements, des bouteilles, des paquets de nourriture... Un grand magasin, équipé d'escaliers roulants, était fermé à 18h00.
Le pays s'est vu infliger ces dernières années une série de sanctions économiques par la communauté internationale, sur fond de tensions persistantes autour de son programme nucléaire. Dans les années 60, après la guerre de Corée (1950-1053) qui s'est soldée par le maintien d'une division en deux pays de la péninsule coréenne, la Corée du Nord avait enclenché une industrialisation à marche forcée, dépassant même son voisin du Sud. Mais l'économie planifiée s'est détériorée puis effondrée avec l'assèchement de l'aide et des relations commerciales avec le bloc soviétique. Une terrible famine a fait jusqu'à un million de morts dans les années 90 (1995-1998), selon les ONG, et les pénuries alimentaires sont régulières. Un tiers des enfants souffrent de malnutrition, selon les Nations unies.
Un ticket du métro de Pyongyang, de tramway électrique ou de bus brinquebalant coûte 5 wons (30 cents de dollar américain). Quelques privilégiés n'ont cependant pas besoin d'emprunter les transports en commun. Le patron d'une agence de voyages locale roule en Mercedes noire. Après quelques réformes en 2002 qui autorisaient notamment les marchés, le régime a fait marche arrière à partir de 2005 et interdit ces activités privées. Mais un visiteur occidental dit être tombé sur un marché informel, au fond d'une allée. Les vendeurs étaient accroupis derrière leurs petits étalages de cigarettes, sous-vêtements, légumes... Les privilégiés qui détiennent des devises étrangères, ou les touristes, peuvent, eux, s'approvisionner dans l'un des deux hôtels de luxe de la capitale, le Yanggakdo, en brosses à dent, nouilles importées, alcool, médicaments et autres aphrodisiaques...


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