« Ce qui s'est passé à l'aéroport était un droit pour nous en tant que députés et parties politiques. Nous avons ouvert le salon d'honneur parce qu'il est normal que ce salon soit ouvert pour ceux qui ont de l'honneur, pas pour les produits importés », a lancé M. Moussaoui, avant de renchérir : « Ce qui s'est passé se passera de nouveau quand nous le voudrons. »
« À ceux qui prétendent que cela est légalement contestable, je dis que ce qui est légalement contestable, c'est l'existence d'un service de renseignements des FSI sans assises légales », a-t-il ajouté.
Au sujet du Tribunal spécial pour le Liban, M. Moussaoui a estimé qu'en « évitant de poursuivre les faux témoins, l'enquête internationale a échoué dans le test de l'intégrité et de la confiance, et a clairement témoigné de sa politisation ».
De son côté, le secrétaire général adjoint du Hezbollah, cheikh Naïm Kassem, a résumé les objectifs de son parti en ce qui concerne le TSL en deux points : faire la lumière sur l'affaire « des faux témoins et ceux qui les ont créés », d'une part, et, d'autre part, concentrer l'accusation sur Israël.
« Notre but, dans l'affaire des faux témoins, n'est pas de vaincre nos partenaires dans la nation. Tout ce que nous voulons, c'est rectifier le cours de l'accusation en direction des vrais coupables », a assuré cheikh Kassem.
« Cela fait un mois que le secrétaire général du parti a présenté ses indices mettant en cause Israël, et jusqu'ici rien n'a bougé. Pourquoi ? Parce que les doigts sont pointés sur Israël. Il est interdit même de soupçonner Israël », a-t-il dit.
« En toute clarté, nous accusons Israël d'avoir assassiné Rafic Hariri et d'avoir commis d'autres crimes au Liban. Les parties concernées devraient prendre cette accusation au sérieux et en débattre », a-t-il ajouté.
Cheikh Kassem s'est toutefois prononcé contre toute escalade verbale. « Si tous les Libanais sont d'accord pour considérer qu'Israël est l'ennemi de tous, alors pourquoi faire autant de tapage médiatique de nos désaccords secondaires ? a-t-il lancé. En fin de compte, nous sommes tous au sein d'un gouvernement d'union nationale et nous devons travailler pour son succès. Or il n'y aura pas de succès sans un minimum de courtoisie entre nous. »
Pour sa part, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, a estimé que « la méthodologie du tribunal en place conduira à l'enterrement de la vérité dans l'affaire Hariri ». Selon lui, le TSL est « politisé au profit de la défense de l'entité sioniste ».
« Nous conseillons à nos partenaires de se livrer à une longue méditation avant de faire leur choix, car s'ils veulent vraiment paraître crédibles lorsqu'ils se disent attachés à l'édification de l'État, il faut qu'ils sachent que l'État ne saurait être édifié par une moitié du peuple libanais », a ajouté M. Raad.
Les « efforts » arabes
Sur un autre plan, un responsable du Hezbollah qui a requis l'anonymat a déclaré au site nowlebanon.com qu'à la suite des rencontres qui ont eu lieu ces derniers jours entre le Hezb d'une part et des diplomates saoudiens et égyptiens de l'autre, « le parti compte beaucoup sur les efforts arabes, en particulier saoudiens et égyptiens », pour régler la problématique posée par le TSL et l'affaire des faux témoins.
Selon lui, un tel règlement « consoliderait la situation dans le monde arabe face aux périls de discorde (sunnito-chiite) qui se pointent à l'horizon en divers endroits de la région ».

