La décision de la Commission de révision judiciaire survient après la publication du livre "Forfalskningen" ("La contrefaçon") dans lequel deux journalistes affirment que la police norvégienne avait fabriqué des preuves à charge, des photos d'une mallette remplie de dollars, contre Arne Treholt.
La parution de l'ouvrage, début septembre, a été suivie par la publication dans la presse norvégienne de témoignages jetant le doute sur la solidité d'une partie du dossier.
"C'est un premier pas important qui va dans la bonne direction", a dit M. Treholt au cours d'une conférence de presse à Oslo, en réaction à la décision de la Commission de révision judiciaire.
Alors responsable du service de presse du ministère des Affaires étrangères, Arne Treholt avait été arrêté à l'aéroport d'Oslo en 1984 au moment où il s'apprêtait à prendre l'avion pour rencontrer un agent soviétique à Vienne.
Condamné en 1985 à 20 ans de prison pour espionnage au profit de l'Union soviétique et des services de renseignement irakiens et pour haute trahison, il avait été gracié en 1992.
Cet épisode est généralement considéré comme "la plus grande affaire d'espionnage" de l'histoire contemporaine en Norvège.
Saisie cette semaine par le procureur d'Etat Tor-Aksel Busch, la Commission de révision judiciaire va maintenant déterminer si les nouveaux éléments parus dans le livre et dans la presse justifient la demande par Arne Treholt d'un nouveau procès, rejetée par cette même commission en 2008.
"Si les récentes allégations sont fondées, cela implique que des doutes pèsent sur au moins une partie des éléments qui ont conduit à la condamnation d'Arne Treholt", a déclaré la présidente de la commission, Helen Saeter, pendant une conférence de presse.
"Il s'agit d'accusations extrêmement sérieuses qui doivent faire l'objet d'un examen et d'une clarification tant pour le dossier concret de l'intéressé que pour l'Etat de droit en Norvège", a-t-elle dit.
Aujourd'hui âgé de 67 ans, Arne Treholt a reconnu avoir fourni à des puissances étrangères des documents, sans importance selon lui, moyennant des dédommagements financiers, tout en rejetant les accusations d'espionnage.
A sa libération, Arne Treholt était parti vivre en Russie, puis à Chypre.


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