C’est à Belgrade, devant 20 000 spectateurs en fusion, que Llodra, Clément et les autres disputeront le Saladier d’argent face à la Serbie. Le voyage ne sera pas une promenade de santé pour les Tricolores car les Serbes, depuis leur retour au premier plan, sont toujours invaincus dans leur Arena fétiche : l’Australie (2007), l’Ouzbékistan (2009), les États-Unis (2010) et la République tchèque (2010) s’y sont successivement cassé les dents.Robert Pratta/Reuters
La Belgrade Arena déjà réservée
L'enceinte, d'une capacité de 20 000 personnes, a de quoi faire peur. « Aucune équipe n'est favorite dans la Belgrade Arena, même si elle possède les meilleurs joueurs de simple et de double au monde », assure ainsi Novak Djokovic, vainqueur du point de l'égalisation en demi-finales contre Tomas Berdych. Les statistiques appuient le discours du n° 2 mondial. Ainsi, depuis le retour de la Serbie dans le groupe mondial, aucune équipe ne s'est imposée à Belgrade. « On va aller jouer la finale dans une salle survoltée. Les Serbes auront probablement 20 000 personnes derrière eux. Ce sera pénible (...) Il va falloir une nouvelle fois aller décrocher la lune, mais on ne se met pas de barrière. On a bien battu les Australiens chez eux il y a quelques années (en 2001, NDLR). Alors
pourquoi ne pas rééditer l'exploit ? » s'interroge Guy Forget, le capitaine des Bleus.
« On a reçu lors des trois premiers tours (l'Allemagne, l'Espagne et l'Argentine, NDLR) et on a senti que ça nous faisait beaucoup de bien de jouer à domicile. L'atmosphère sera très différente. Pour moi, ce sera le gros changement par rapport aux autres rencontres. Ce sera à nous, les joueurs, de reproduire le même tennis, dans des conditions plus difficiles », ajoute Gilles Simon. Si le choix de la surface n'est pas encore déterminé, on peut supposer que les Serbes s'orienteront vers le RuKortHard utilisé contre la République tchèque, plutôt que la terre battue, Novak Djokovic et Janko Tipsarevic jouant leur meilleur tennis sur dur.
Djokovic l'épouvantail
« Novak est en grande forme en ce moment, comme en témoigne sa finale à l'US Open. Quand on a eu besoin de lui, il a toujours répondu présent. Et quand il joue pour son pays, il se transcende à chaque fois. Maintenant, il y a aussi Tipsarevic qui a sauvé son équipe face à la République tchèque en demi-finales. Lui aussi a beaucoup de métier », s'inquiète Forget. « En même temps, Djokovic est un joueur que » Jo « (Tsonga) maîtrise plutôt bien, dans le cas où il serait suffisamment en forme pour la finale », tempère Simon. Jo-Wilfried Tsonga est effectivement le seul parmi les Français susceptibles de disputer le simple à posséder un bilan positif face au « Joker » (5-2). Gaël Monfils (0-5), Michaël Llodra (0-1), Gilles Simon (1-4) et Richard Gasquet (1-2) accusent pour leur part un déficit plus ou moins sérieux.
Tsonga, le facteur X
La présence de Tsonga, qui vient de repousser sa rentrée au 4 octobre à Tokyo, s'avère donc indispensable. Reste à savoir si le Manceau aura retrouvé toutes ses sensations pour la finale. « La difficulté c'est de retrouver la fluidité dans les déplacements sur le terrain. Pour ma part, j'avais repris la compétition à Wimbledon et j'ai commencé seulement à être vraiment en jambes à une semaine de l'US Open (soit environ deux mois plus tard, NDLR) », explique Simon, victime d'une blessure similaire au genou en fin de saison dernière. « Ça met du temps. Durant cette période intermédiaire, c'est toujours réfléchi : on se demande comment placer son pied, sa jambe... Peut-être que pour lui, ça ira plus vite. En tout cas, je le lui souhaite (...) On verra. Le seul conseil que j'ai à lui donner, c'est de ne pas se mettre la pression sur les résultats. Moi, c'est ce que j'ai fait et c'est ce qui m'a ralenti. Se fixer des objectifs dès le retour, c'est dur. Ça met la pression, ça donne envie de bien faire tout de suite et ça frustre un petit peu. » Certes, mais le temps presse...


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