L’usine d’extraction de l’uranium d’Areva à Arlit, au Niger. Pierre Verdy/AFP
Areva, qui exploite des mines d'uranium dans la région d'Arlit, a confirmé l'enlèvement d'un salarié et de son épouse, tous deux français. Les cinq autres personnes enlevées travaillent pour Satom, filiale du groupe Vinci de bâtiment et travaux publics, sous-traitant d'Areva sur le site d'Arlit. « Les assaillants seraient probablement des éléments » d'AQMI ou des bandits qui vendent leurs otages aux jihadistes, a déclaré à l'AFP une source sécuritaire nigérienne. Les sept otages ont été capturés vers 02h00 locale par un « groupe armé » qui comprenait de sept à une trentaine de personnes, selon diverses sources, a rapporté le porte-parole du gouvernement nigérien, Laouali Dan Dah. Les ravisseurs, venus à bord d'au moins deux pick-up, « parlaient majoritairement arabe et souvent tamachek » - langue des touaregs vivant dans la région, en rébellion de 2007 à 2009 - et ont fui vers Inabangaret, près de la frontière avec l'Algérie et le Mali, a-t-il affirmé. Les sept étrangers ont été kidnappés à leurs domiciles, ont précisé Areva et Satom. Selon un salarié d'Areva résidant à Arlit, les assaillants ont d'abord enlevé chez lui un employé touareg, avec sa femme et son chauffeur. Ils se sont ensuite rendus jusqu'aux quartiers où vivent des salariés de Satom et Areva. Après les rapts, ils ont relâché leurs trois premiers otages et gardé les sept étrangers, selon la même source.
Niamey a dit avoir pris des « dispositions » pour rechercher otages et ravisseurs, et établi des contacts avec les pays voisins. Après ces enlèvements, Vinci et Areva ont annoncé, sans plus de précision, avoir « immédiatement pris des mesures de sécurité supplémentaires pour les salariés des deux groupes présents au Niger ». Une porte-parole d'Areva a indiqué qu'un rapatriement vers Niamey était proposé aux salariés du groupe et de ses consultants extérieurs.
Actif dans la vaste bande sahélo-saharienne propice aux trafics en tout genre, AQMI a déjà commis plusieurs enlèvements d'Occidentaux dans le nord du Niger. Le 19 avril, un Français de 78 ans, Michel Germaneau, qui travaillait sur un projet humanitaire, avait été kidnappé dans le nord nigérien par un commando d'AQMI. Son exécution avait été annoncée le 25 juillet par le groupe. Après un raid mauritanien appuyé par la France pour tenter de le libérer, AQMI avait lancé des menaces contre les intérêts français en France et dans la région, et la France avait renforcé ses mesures de sécurité. « La menace » contre les intérêts français « s'est réellement renforcée ces derniers jours et ces dernières heures », a affirmé le ministre français de l'Intérieur, Brice Hortefeux. M. Sarkozy a appelé les Français présents dans la zone à « redoubler de vigilance ».
Après la mort de Michel Germaneau, Areva avait annoncé le 27 juillet le renforcement de sa vigilance au Niger, où il extrait près de la moitié de son uranium dans deux gisements et emploie quelque 2 500 personnes, dont une cinquantaine de Français. Pays parmi les plus pauvres du monde, le Niger est le troisième producteur mondial d'uranium.

