"Après la révision de plus de 114 dossiers concernant les domestiques étrangères au Liban, nous sommes parvenus à la conclusion que le système judiciaire ne protège pas ces personnes, et ce à tous les niveaux", affirme à l'AFP Nadim Houry, directeur du bureau de HRW à Beyrouth.
Selon le rapport de 54 pages, intitulé "Sans protection: comment le système judiciaire libanais délaisse les domestiques étrangères immigrées", les violations sont ignorées par les autorités et les plaintes dorment souvent dans les tiroirs pendant plus de quatre ans.
"En fermant les yeux sur de telles violations, la police et la justice sont complices des abus que continue de subir ce groupe vulnérable", affirme M. Houry.
Près de 200.000 domestiques étrangères, notamment du Sri Lanka, d'Ethiopie, des Philippines et du Népal, travaillent au Liban. La plupart se voient confisquer leurs passeports dès leur arrivée et sont interdites de sortie.
Selon M. Houry, quatre domestiques se suicident en moyenne par mois. "En août seulement huit se sont suicidées".
Malgré de plus en plus de campagnes de sensibilisation dans ce petit pays méditerranéen de quatre millions d'habitants, "les efforts restent insuffisants", estime-t-il.
Deux récents cas ont attiré l'attention de la presse, l'un impliquant une employeuse condamnée à 15 jours de prison pour avoir frappé à sa domestique philippine et une autre condamnée à un mois pour avoir battu et enfermée son employée srilankaise.
Mais les procès sont rarissimes, vu que le régime strict des visas permet difficilement à une domestique étrangère de rester dans le pays après avoir poursuivi son ex-employeur en justice.
Selon M. Houry, deux ans en moyenne sont nécessaires pour trancher en cas de délit, et les poursuites pour non paiement de salaire durent plus de quatre ans. "Nous avons besoin de développer un plan national pour s'assurer que les plaintes mènent rapidement au procès".


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