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Liban - L’Éclairage

Baabda dédouane Damas, qui lui rend la politesse

Une initiative remarquée : pour la première fois depuis son avènement, le président Michel Sleiman tire la sonnette d'alarme. En pressant toutes les parties, tous les pôles à assumer pleinement leurs responsabilités. Et en soulignant d'un trait rouge la responsabilité négative qu'ils partagent dans le tissage du climat actuel de défi générateur de tensions. Il met en garde, avec insistance, contre la dangerosité de la phase présente, à la suite d'un déchaînement verbal inouï. On sait en effet que certains ont été jusqu'à lancer des appels à l'insubordination civile. Même s'il ne cible que des services déterminés, il y a là un appel à la sédition contre l'État, qui est un tout aux parties indissociables. Dès lors, le président de la République réclame avec force, en toutes lettres, « l'arrêt de la mise en doute des institutions constitutionnelles, légales et judiciaires, ainsi que de l'ignorance de leurs prérogatives et des menaces qui leur sont adressées ». Il répète que « l'ambiance et les positions politiques débordent ces derniers temps l'encadrement de la Constitution, des institutions et du pacte de la coexistence. Il convient de compléter l'application de toutes les dispositions de Taëf, d'en respecter l'esprit sans crainte ni tergiversation ». Pour conclure, sur ce point, que « les polémiques n'édifient pas une nation. »
En référence à la flambée incendiaire allumée par des figures du 8 Mars qui exigent le jugement des faux témoins et l'abolition du Tribunal spécial pour le Liban. Certains ont même été jusqu'à menacer, publiquement, de se faire justice eux-mêmes, si la justice ne le fait pas. D'autres lancent une offensive à tout crin contre l'unité de renseignements des FSI, contre le procureur général près la Cour de cassation, contre des ministres déterminés et même contre le chef de l'État. Poussant donc le bouchon jusqu'à lancer un appel à l'insubordination civile, autrement dit à la révolution blanche.
Encore une fois, certaines antennes du 8 Mars insinuent que toute cette agitation constitue un message syrien diversifié adressé à des fractions locales, pour les amener à plier. Mais des signaux syriens ont été récemment transmis à des responsables locaux, pour leur indiquer que Damas n'a absolument rien à voir avec ce qui se passe actuellement sur la scène libanaise. En précisant que les positions affichées par certains leur sont tout à fait propres. Pour conclure qu'il appartient aux dirigeants libanais de traiter ces problèmes occurrents auxquels la Syrie n'a totalement rien à voir.

Insinuations
Partant de là, l'intervention du président Sleiman réfute les assertions d'intox selon lesquelles les attaques de sédition antiétatique auraient été inspirées par Damas, à la suite de certaines rencontres qui y ont eu lieu dernièrement. Comme il n'en est rien, que Damas se lave les mains de tout, il n'est pas admissible que l'on tente de faire croire le contraire. Ni de laisser entendre qu'il existe actuellement de la tension dans les relations libano-syriennes. Qui restent bonnes, solides, à l'ombre de l'arrangement tripartite incluant l'Arabie saoudite. Baabda n'a pour sa part aucune intention de tourner le dos à cet accord conclu sous ses propres lambris. Donc, l'ombrelle de l'apaisement et de la stabilisation, que recouvre le label S-S, ne doit plus être transgressée, et la trêve politico-médiatique doit être de nouveau respectée de tous.
Les loyalistes en conviennent. Mais ils relèvent que pour faire la paix, encore plus que pour se battre, il faut être au moins deux, et que le camp d'en face n'y semble pas disposé. Tout au contraire, ses fers de lance font feu de tout bois : ils veulent supprimer le TSL, donc sortir le Liban de l'ONU, faire sauter le cabinet et l'État tout entier, en appelant à l'insubordination civile.
Les majoritaires ajoutent qu'ils ne sont pas dupes : le charivari purement politique sonne creux à leur ouïe. Pour eux, les menaces concernant le sort du cabinet ou la carrière de son chef ne sont que des pressions exercées dans un seul but véritable : neutraliser le TSL. Devenu une bête noire pour des parties locales, après l'avoir été pour des parties extérieures. Ils accusent d'avance le tribunal de fonder ses jugements sur les dépositions de faux témoins. Ils contestent la compétence des juges. Ils demandent que le Liban cesse d'honorer sa quote-part de 49 % dans le financement du tribunal. Et ils veulent même faire mettre en accusation la titulaire du département des Finances, Raya el-Hassan, parce qu'elle assure le versement de cet engagement, à travers une avance du Trésor sur décret pris en Conseil des ministres. Ils ajoutent que la décision de demander la création du TSL était illégale, puisqu'elle avait été prise par le gouvernement de Fouad Siniora, qu'ils qualifient toujours d'illégitime, et dont les 73 projets de loi ont été refusés par la Chambre.
Bien entendu, les loyalistes rejettent, avant tout, la menace des anti-TSL dirigée ouvertement contre la paix civile. Le 14 Mars ne cesse de marteler que seules la vérité et la justice peuvent unir les Libanais. D'autant que sans elles, rien ne les protégerait d'une reprise des attentats, des assassinats ou des troubles armés.
Un point que signalent des sources diplomatiques : la Syrie, dans l'espérance d'une récupération mieux rapprochée du Golan, ne voit pas d'un mauvais œil la reprise des négociations israélo-palestiniennes, malgré la présence chez elle de Mechaal, chef politique du Hamas. Par contre, l'Iran reste hostile à un processus qui mettrait à bas ses ambitions d'expansion d'influence sur les bords de la lointaine Méditerranée, à travers le Hamas et le Hezbollah. Pour ces sources, il n'est pas exclu que, profitant du TSL, Téhéran ne pousse le Hezb à une escalade que Damas, pour sa part, ne favoriserait pas. Un dicton local assure que l'église proche ne guérit pas, mais il reste certain que sa cloche peut mieux se faire entendre. C'est pourquoi ces diplomates conviennent avec nombre d'observateurs locaux que TSL ou pas, souhait iranien ou pas, il reste interdit par la Syrie de toucher à Baabda, au cabinet Hariri actuel ou à la stabilité sécuritaire du Liban.
Une initiative remarquée : pour la première fois depuis son avènement, le président Michel Sleiman tire la sonnette d'alarme. En pressant toutes les parties, tous les pôles à assumer pleinement leurs responsabilités. Et en soulignant d'un trait rouge la responsabilité négative qu'ils partagent dans le tissage du climat actuel de défi générateur de tensions. Il met en garde, avec insistance, contre la dangerosité de la phase présente, à la suite d'un déchaînement verbal inouï. On sait en effet que certains ont été jusqu'à lancer des appels à l'insubordination civile. Même s'il ne cible que des services déterminés, il y a là un appel à la sédition...
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