Passé le répit du Fitr, les hostilités ont été rouvertes de plus belle dimanche avec la violente prestation télévisée du général Jamil Sayyed, lequel s'est délibérément laissé aller à des coups franchement au-dessous de la ceinture, peut-être pour laisser à d'autres la latitude de manœuvrer plus aisément dans des sphères plus politiques, moins personnalisées, et à d'autres encore la possibilité de jouer aux pompiers.
L'image, assez complexe, que donnaient hier les diverses composantes du 8 Mars, ou de l'ex-opposition si l'on préfère, correspond parfaitement à la réunion de ces trois postures. Toutefois, ce qui pourrait d'emblée apparaître comme une cacophonie, voire des prises de position contraires de la part de ces diverses composantes, peut n'être, pour de nombreux observateurs familiers des us syriens au Liban, qu'une vulgaire répartition des rôles, diligentée à partir de Damas, ou à partir de Damas et Téhéran.
Le Hezbollah d'abord. Tout à fait parallèlement à l'action de Jamil Sayyed, mais en évitant soigneusement tout langage outrancier, le parti de Dieu a subrepticement, mais très sérieusement haussé les enchères depuis dimanche en faisant de l'affaire des faux témoins un cheval de bataille destiné à remettre en question les acquis des cinq dernières années, en particulier le TSL. Hier, le chef du bloc parlementaire du Hezbollah, Mohammad Raad, est revenu à la charge à ce sujet.
De son côté, le général Michel Aoun, dont le penchant naturel pour les philippiques passées au fer rouge n'est plus à démontrer, s'est empressé hier d'enfourcher à son tour la monture de Jamil Sayyed en appelant les Libanais à désobéir non seulement aux SR des FSI, mais aussi aux plus hautes autorités judiciaires du pays.
C'est une tout autre image qu'ont donnée les milieux de Nabih Berry et de Sleimane Frangié, pour lesquels rien aujourd'hui ne devrait permettre d'ébranler la pacification placée sous le signe de l'entente syro-saoudienne.
De fait, certaines sources doutent que l'offensive en cours contre le Premier ministre et ses troupes puisse mener à court terme à un changement quelconque, notamment au niveau gouvernemental. D'autre part, des sources diplomatiques arabes citées par l'agence al-Markaziya se fondent sur les attaques de Jamil Sayyed contre l'Égypte pour en conclure que l'escalade qu'il a occasionnée entre tout simplement dans le cadre de la lutte d'influence que se livrent Damas et Le Caire au Liban.
Du côté du Courant du futur et en l'absence physique de Saad Hariri, on se contente pour le moment d'une attitude purement défensive. « Nous ne céderons pas », a affirmé hier le bloc parlementaire haririen, alors que le député Okab Sakr annonçait que M. Hariri allait porter plainte en justice contre le général Sayyed.
Mais tout en préparant sa riposte, le Premier ministre devrait aussi s'occuper du débordement qui s'opère sur sa droite (ou sur sa gauche, c'est pareil) après les déclarations faites hier par Nadim Gemayel, imputant une nouvelle fois à la Syrie la responsabilité de tous les assassinats politiques au Liban.
Dans l'intervalle, c'est le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon qui aura mis tout le monde d'accord en invitant hier les hommes politiques libanais à cesser d'user leur salive au sujet du TSL, ce dernier n'étant, selon lui, guère susceptible de se laisser influencer par ce qui se dit au Liban.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef