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Roms: le Parlement européen "en train de se décrédibiliser" (Paris)

Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche a estimé vendredi que le Parlement européen était en train "de se décrédibiliser", au lendemain d'une résolution demandant à la France de "suspendre immédiatement" les expulsions de Roms.
"Je réponds au Parlement européen (PE) qu'ils sont en train de se décrédibiliser et je leur ai dit en face", a déclaré M. Lellouche à la radio France Inter, rappelant qu'avec le traité de Lisbonne cette institution allait avoir un "pouvoir considérable de codécision avec le Conseil".
Le PE a voté jeudi une résolution qui demande à Paris et à d'autres Etats européens de suspendre les expulsions de Roms vers leurs pays d'origine. Ce texte à forte valeur symbolique n'a pas de caractère obligatoire.
"Quand le Parlement européen viole lui-même les textes, c'est-à-dire les directives sur les mouvements internes dans l'Union européenne et dit +non, vous n'avez plus le droit d'expulser+, ça veut dire quoi ? L'article 3 du traité n'a plus aucune valeur?", a poursuivi M. Lellouche.
"La loi européenne, c'est que la liberté de circulation s'applique dans les 27 Etats. C'est trois mois de résidence - pas 30 ans - et c'est pas au frais de la princesse: personne n'a le droit d'aller s'installer sans ressources à l'autre bout de l'Europe aux frais du pays d'accueil", a-t-il martelé.
La politique française de démantèlement de dizaines de camps illicites de Roms et de renvoi de centaines d'entres eux (moyennant une aide financière) vers leurs pays d'origine, essentiellement la Roumanie, a suscité des critiques véhémentes en France et à l'étranger.
M. Lellouche était jeudi à Bucarest avec le ministre français de l'Immigration Eric Besson pour y défendre la politique de la France et s'efforcer d'afficher une unité retrouvée avec la Roumanie qui a exprimé son agacement sur ce dossier.
La résolution du Parlement européen est "une basse opération politique menée principalement au départ par des députés européens de gauche, socialistes et verts, qui une nouvelle fois ont voulu mettre la France en accusation", a affirmé Eric Besson sur la radio France Info.
Selon lui, à l'occasion du déplacement à Bucarest, les autorités roumaines ont suggéré à Paris de "supprimer l'aide au retour volontaire" pour les Roms roumains.
"Nous sommes très sceptiques quant à la question du rapatriement volontaire payé. Nous ne savons pas à quel point ces départs sont volontaires. La France a dépensé 18 millions d'euros pour ces rapatriements. Cet argent aurait pu être investi dans des projets concrets d'insertion", a souligné le ministre roumain des Affaires étrangères, Teodor Baconschi, dans le quotidien Le Monde date de samedi.
L'octroi de ce pécule incitait des Roumains à venir en France pour en bénéficier, selon lui. La France alloue 300 euros d'aide au retour par adulte et 100 euros par enfant.
Le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Pierre Lellouche a estimé vendredi que le Parlement européen était en train "de se décrédibiliser", au lendemain d'une résolution demandant à la France de "suspendre immédiatement" les expulsions de Roms."Je réponds au Parlement européen (PE) qu'ils sont en train de se décrédibiliser et je leur ai dit en face", a déclaré M. Lellouche à la radio France Inter, rappelant qu'avec le traité de Lisbonne cette institution allait avoir un "pouvoir considérable de codécision avec le Conseil".Le PE a voté jeudi une résolution qui demande à Paris et à d'autres Etats européens de suspendre les expulsions de Roms vers...