Un manque d'adaptabilité
Sa technique peut notamment s'améliorer. Monfils a ainsi montré ses limites dans des conditions difficiles, comme c'était le cas sur l'Arthur Ashe Stadium. « Aujourd'hui, je ne pouvais pas utiliser mes armes, je pense que je n'ai pas le talent pour jouer dans le vent. J'ai des mouvements amples (NDLR : la balle a donc le temps de changer de direction). En plus, il faut faire de petits pas, ce que je ne sais pas faire », expliquait le Parisien pour justifier sa défaite. « Je ne suis pas sûr que ce soit un problème de bagage technique, c'est surtout l'adaptation. J'ai beaucoup de mal à adapter mon type de jeu à des conditions extrêmes. J'arrive à adapter mon type de jeu par rapport à l'adversaire. Quand j'arriverai à venir plus au filet, tenter d'autres choses comme deux ou trois services-volées, ça ira mieux. Là, cela reste vraiment dans la tête. » La tête, Monfils l'a beaucoup évoquée ces derniers mois sans que l'on sache exacte
ment de quoi il retourne. Des problèmes personnels ont été évoqués...
Des points forts
sous-exploités
Doté d'un des meilleurs services du circuit et d'un puissant coup droit, le protégé de Roger Rasheed reconnaît au moins qu'il devrait davantage utiliser ses armes pour suivre ses attaques au filet. Il se contente encore trop souvent de défendre en attendant la faute de l'adversaire, usant de son incroyable couverture de terrain, au lieu de « tuer le point ». « C'est le genre d'étape supplémentaire qui reste à franchir à Gaël », estime Guy Forget, qui le tanne avec ça depuis des mois, lors de chaque rencontre de Coupe Davis. L'idée semble faire doucement son chemin dans l'esprit du joueur. C'est le côté positif. Monfils est encore jeune. Il vient de souffler ses 24 bougies. Il lui reste donc une marge de progression. Le problème, c'est que les seuls à avoir contesté la suprématie de l'ère Federer-Nadal en grand chelem, Novak Djokovic - Open d'Australie 2008 - et Juan Martin Del Potro - US Open 2009 -, sont encore plus jeunes (respectivement 23 et 21 ans)... Et la concurrence n'ira pas en diminuant avec l'arrivée chaque année sur le circuit de nouveaux talents.
Le poids du passé
Tout espoir n'est quand même pas perdu. Robin Söderling et Tomas Berdych, respectivement finalistes à Roland Garros et Wimbledon cette saison, sont arrivés à maturité un peu plus tard. Le fait que Monfils ait atteint les quarts de finale d'un majeur sans véritablement bien jouer augure ainsi de certaines promesses : « Le seul match positif est contre Andreev où je joue bien au tennis. Je n'ai pas produit un grand tennis, ce n'était pas un grand Gaël Monfils, c'était beaucoup de réussite. Le point positif du tournoi, c'est juste le résultat. » Cependant, le temps presse. Chaque année passée sans titre en grand chelem renforce un peu plus l'idée que Yannick Noah, lauréat de Roland Garros en 1983, ne trouvera jamais de successeur...


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