Les attaques quasi quotidiennes, le plus souvent menées par des motards masqués, sèment la terreur parmi les policiers et les soldats. « Je crains pour ma vie, et je suis toujours en train d'épier les passants, surtout les motards », affirme un policier chargé de protéger un bâtiment des services de sécurité à Zinjibar, chef-lieu de la province.
Après la bataille de Loder, l'AQPA a distribué dans des mosquées et dans les commerces des tracts revendiquant des attaques contre les forces de sécurité et appelant les civils à éviter les positions militaires pour ne pas être visés. « C'est la première fois que les tracts sont distribués ainsi en plein jour », a affirmé à l'AFP Nazir Qandah, l'imam d'une mosquée de Zinjibar.
Un notable de la province d'Abyane, qui a refusé d'être identifié, affirme qu'el-Qaëda « a profité de la paralysie des services gouvernementaux ces derniers mois en raison de l'escalade de la contestation », animée par le Mouvement sudiste. Sanaa accuse ce mouvement, dont certaines composantes appellent au fédéralisme et d'autres à la sécession, de coopérer avec el-Qaëda, et le ministère de la Défense a affirmé lundi qu'un activiste d'el-Qaëda arrêté à Loder avait des « documents importants prouvant » cette « collusion ». « El-Qaëda et le Mouvement sudiste ne sont que les deux faces d'une même pièce de monnaie, ils œuvrent tous deux à déstabiliser la province », a affirmé un responsable des services de sécurité qui a requis l'anonymat, soulignant que « la coopération entre les deux parties était claire à Loder ».
Ahmad Ghaled al-Rahwi, gouverneur adjoint de la province d'Abyane, qui a lui-même échappé à deux tentatives d'assassinat en août, affirme également que les éléments d'el-Qaëda « font partie intégrante du mouvement sudiste ». Mais Ali al-Chayba, un dirigeant du Mouvement sudiste, s'en défend : « Notre mouvement est opposé à l'usage de la force et est déterminé à n'employer que les moyens pacifiques pour réaliser son objectif, qui est la libération du Sud. »


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