Le chef du CPL au cours de sa conférence de presse, hier, à Rabieh. Photo Charbel Nakhoul
Devant les correspondants de presse, Aoun a précisé qu'il avait sciemment utilisé un ton violent dimanche car il avait déjà critiqué le département des renseignements des FSI et réclamé l'ouverture de ce dossier, sans obtenir la moindre réponse des responsables. Il s'est étonné de la campagne menée contre lui à la suite de ses déclarations de dimanche, alors qu'il a posé des questions qui intéressent les citoyens et qu'il attend les réponses. Aoun a aussi précisé qu'il n'a utilisé aucun propos diffamatoire, se contentant de critiquer l'inertie face à l'effritement des institutions étatiques.
Aoun a réaffirmé que le département des informations aux FSI est « illégal » et que le ministre qui est conscient qu'il y a une « infraction à la loi » et se tait devient coupable. Tout comme, selon lui, le président qui veille au bon fonctionnement d'une institution est responsable des actions de celle-ci. « La dernière fois, j'avais dit qu'ils étaient responsables, a déclaré le général Aoun. Cette fois, je les considère coupables. Pourquoi le ministre de l'Intérieur Ziyad Baroud et le ministre de la Justice Ibrahim Najjar refusent d'examiner le cas du département des informations des FSI, qui est illégal depuis 2005 ? Pourquoi les fuites dans les médias se poursuivent-elles, alors que les enquêtes doivent être secrètes ? Pourquoi un département illégal a-t-il été chargé de mener l'enquête avec le général Fayez Karam ? De graves infractions sont en train de se produire et les responsables dorment. Tous sont responsables de l'effritement de l'État et se cachent derrière le président de la République. Depuis quand pleurer est-il honteux ? Lorsque je suis triste, j'ai les larmes aux yeux, les larmes ne deviennent honteuses que si celui qui les verse se sent honteux... »
Aoun a affirmé qu'il continuera à dire la vérité et que c'est à celui qui en est mécontent de changer ses méthodes. « Quand on se sent impuissant, on rentre chez soi », a encore déclaré Aoun, qui a évoqué le pasteur qui a décidé de brûler le Coran pour commémorer les événements du 11 septembre 2001. Il a ainsi précisé que cet homme est malade et qu'il faut respecter toutes les croyances, en particulier celles des musulmans.
Aoun a refusé de dire s'il compte boycotter désormais les séances de dialogue, précisant qu'il a pleinement le temps de prendre une décision à ce sujet et qu'il conserve son entière liberté sur ce plan. Il a ensuite affirmé qu'il ne réclame pas un changement de gouvernement, mais se contente de demander des comptes.
En réponse à une question sur les déclarations du Premier ministre au quotidien achark el-Awsat, Aoun a déclaré : « Ceux qui présentent des excuses à la Syrie devraient aussi en faire de même avec nous : alors que nous leur demandions d'attendre l'enquête et de ne pas se hâter à lancer des accusations, ils nous ont traités de tous les noms. Voyons qui aura le courage de présenter des excuses... »

